En octobre, Artprice, leader mondial de l’information sur le marché de l’Art, a établi un classement d’adjudications consacré aux dix plus belles enchères réalisées ces huit derniers mois par des artistes français, toutes générations confondues. Une source d’informations incroyable que les collectionneurs avisés ou en devenir ne manqueront pas de consulter ! Patrimoine Privé vous en restitue l’essentiel, pour vous permettre de faire des choix éclairés grâce à cette analyse poussée.

 
Sur le marché de l’art, les artistes français de la période moderne font figure de vedettes indéniables, enchaînant avec une certaine constance les records. Régulièrement, ces signatures prestigieuses enflamment la scène internationale avec des enchères stratosphériques. Rien d’étonnant à cela : l’aura des monstres sacrés que sont Claude Monet, Paul Cézanne, Henri Matisse et Paul Cézanne – pour ne citer qu’eux – est proportionnelle à la place qu’ils occupent à la proue de l’histoire de l’art. Avant-gardistes, défricheurs, visionnaires… leur legs est immense et on leur doit rien de moins que l’impressionnisme, le cubisme ou le fauvisme. Comme le rappelle Artprice, « sur le plan mondial », ce « sont des références absolues ». Une place dans le très fermé « top ten des ventes » se joue d’abord à la notoriété. Rareté des œuvres et dimension muséale oblige, les lots plus disputés s’offrent assez peu à l’encan et créent toujours l’évènement.

 

 

Des cotes sans surprises (ou alors des bonnes)

À la charnière entre le XIXe et le XXe siècle, les révolutions artistiques se sont succédées et « l’art moderne, souvent considéré comme la période créative française la plus importante est aussi une valeur étalon pour le marché ». Le positionnement des artistes français – considérés comme des valeurs historiques rassurantes en période de crise – se mesure à l’aune des volumes de ventes. Sur ce point, Artprice souligne qu’en France, les artistes modernes ont généré « près de 130 m$ de ventes au premier semestre 2012 contre, par exemple 32 m$ de ventes pour l’art ancien ». Un match qui se joue (d’avance),avec une mise proche de 4 contre 1…

 

International Klein Blue

Cette année, pourtant, la logique « historiciste » a été quelque peu perturbée. Dans le club très select et hautement gratifiant des grands noms cités plus haut est venu se mêler un « intrus » qui non content d’être le plus jeune du classement se targue d’être aussi le plus performant : Yves Klein. Une progression fulgurante pour le maître du bleu pour qui veut bien prendre en compte qu’il y a seulement quatre années, son record d’enchères plafonnait juste en dessous de 8 millions de $, c’est-à-dire assez loin de la porte d’entrée du clan élitiste formé par les 10 artistes français les plus chers sur le marché.

 

 
Avec une enchère à plus de 32 millions de dollars – 32 699 100 $ exactement, Yves Klein prend la tête de ce pool en or. Il confirme ainsi son statut de « super bankable », et truste même la seconde place des plus hautes adjudications avec un résultat similaire, obtenu un 6 semaines auparavant. Pour comparaison, Cézanne et Matisse ont du mal à suivre cette flambée des prix et pointent respectivement en 3° et 4° position avec des pics à 17 millions de dollars, seulement. Le calcul est simple : les 3 œuvres de Klein intégrées à ce classement émérite réalisent près de la moitié du chiffres d’affaires du top 10 (47 %) !

 

Une signature qui a la cote (durablement ?)

Sur cette incroyable lancée, le Français Yves Klein (mort à 34 ans) talonne des valeurs sûres qui font la couverture des catalogues des plus exceptionnelles ventes, comme Joan Miro ou Andy Warhol, le pape du pop. Artprice avance en conclusion que « le record de Klein est d’autant plus important qu’il rivalise désormais avec quelques-unes des plus belles enchères américaines : Andy WARHOL ne passait pas les 33 m$ cette année avec Double Elvis, vendu chez Sotheby›s New York le 9 mai dernier, et le nouveau record de Roy LICHTENSTEIN, signé lors de la même vacation, n’est pas si loin (40 m$, Sleeping Girl). Signe, peut-être, d’un rattrapage de cote entre les Français d’après-guerre et leurs homologues 
anglais et américains… »