LE CHÂTEAU DU PLESSIS-BOURRÉ

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Un creuset alchimique

Située à une quinzaine de minutes au nord d’Angers, dans le Maine-et-Loire, cette majestueuse forteresse médiévale semble avoir traversé les siècles pour nous offrir un témoignage exemplaire d’un chef d’œuvre architectural où s’entremêlent la symbolique du pouvoir issue du Moyen-Âge et l’élégance des décors annonciateurs de la Renaissance.

Le 26 novembre 1462, Jean Bourré, grand argentier et principal confident du roi de France Louis XI, fait l’acquisition du manoir du domaine du Plessis-Le-Vent, propriété de la famille de Sainte-Maure. Disposant de moyens considérables, Jean Bourré fait ériger entre 1468 et 1473 le château actuel du Plessis-Bourré, entouré de splendides douves de deux hectares. Considéré comme le deuxième personnage de l’État, cet homme érudit, passionné d’alchimie, a orné son château de nombreux symboles magiques et ésotériques constituant autant d’énigmes à découvrir tout au long de la visite. À ce titre, le plafond à caissons de la salle des gardes affiche une symbolique des hermétistes avec les trois grands principes : le soufre, le sel et le mercure.

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Si dès l’origine le château du Plessis-Bourré a été conçu comme une forteresse défensive avec un double pont-levis, un chemin de ronde et un donjon, entièrement ceint de très larges douves que franchit un pont de quarante quatre mètres de long, son fondateur et ses différents propriétaires l’ont constamment utilisé comme résidence d’agrément.

Le Plessis-Bourré peut être considéré comme un château dit «de transition», témoignant de l’arrivée de la Renaissance avec ses hautes fenêtres à meneaux, ses grands salons tout en préservant ses caractéristiques d’une forteresse médiévale avec ses quatre tours massives, ses larges douves en eau et ses ponts-levis. Au Plessis-Bourré, les douves ne baignent pas directement les murailles car une petite terrasse de quelques mètres de large permet aux artilleurs de se positionner tout autour pour défendre le château.

Jean Bourré et sa femme Marguerite de Feschal ont eu l’honneur de recevoir la visite de deux rois de France : Louis XI, le 17 avril 1473, et Charles VIII, le 10 juin 1487.

Le château du Plessis demeura dans la même famille, descendant de Jean Bourré jusqu’en 1751, où il est acheté par la famille de Ruillé dont un membre sera exécuté en 1794 par les révolutionnaires d’Angers qui avaient vandalisé le château et saccagé la tombe de René Du Plessis située dans la chapelle.

En 1850, le domaine du Plessis est à l’abandon, risquant d’être démantelé et transformé en carrière de tuffeau, quand en 1851, un notaire d’Angers, Maître Avenant, décide de l’acheter pour éviter sa destruction.

En 1911, le château du Plessis-Bourré est acheté par Henri Vaïsse, neveu de Claude-Marius Vaïsse, préfet et sénateur de Lyon sous le Second Empire, et surnommé le « Haussmann Lyonnais » De lourds travaux sont alors engagés pour restaurer en grande partie l’édifice et le mettre hors d’eau. Au décès d’Henri Vaïsse en 1954, tout le domaine du Plessis revient à son neveu François-Xavier Reille-Soult, duc de Dalmatie, député du Tarn, descendant des maréchaux d’Empire Soult, Reille et Masséna, qui décida d’ouvrir la propriété au public. Ses descendants ont poursuivi l’œuvre de conservation et, à partir de 2009, une SCI familiale a été créée, confiant la gestion courante à Jean-François Reille-Soult et à son cousin germain Aymeric d’Anthenaise. Par ailleurs, depuis 1988, Jean-François Reille-Soult détient en indivision avec son frère le château de Soult Berg situé près de Mazamet, dans le parc naturel régional du Haut-Languedoc.

Le château du Plessis-Bourré a été constamment occupé par ses divers propriétaires et la majeure partie du mobilier garnissant les plus belles pièces, comme des ensembles Louis XVI, la collection d’éventails et divers meubles Empire, a été amenée par les Vaïsse. Il manque cependant des vitraux d’origine représentant Jean Bourré qui ont été démontés pour être vendus en Angleterre, au XIXème siècle.

L’entretien et la préservation d’un tel monument nécessitent constamment de gros travaux. Ainsi, un pont-levis a dû être restauré il y a une vingtaine d’années et un autre entièrement reconstitué à la place du pont en pierre qui permettait de franchir les douves. Plus récemment, entre 1999 et 2001, les toitures et les cheminées au-dessus du grand logis ont été restaurées avec des subventions à hauteur de 50 à 70%.

En 2008, la reprise des soubassements au ras de la terrasse de la façade sud a été réalisée avec une subvention de l’ordre de 50%. Plus récemment, en 2010-2011, des travaux de menuiserie et de remise en état de certaines fenêtres ont nécessité  un budget de 60 000 euros, avec une subvention de l’ordre de 50 %.

Le château est classé au titre des Monuments Historiques depuis 1931. Le domaine du Plessis-Bourré s’étend sur 350 hectares dont 5 hectares de parc, 100 hectares en fermage, 150 hectares de forêt et 60 hectares en exploitation directe. Le Plessis-Bourré emploie 5 salariés permanents et 3 guides vacataires supervisés par la directrice du site, Céline de Quelen.

Dans les années à venir, le château du Plessis-Bourré devra notamment faire face à des travaux importants de toiture, de maçonnerie et d’huisseries qui reviennent constamment dans ce type d’édifice. Ainsi, Jean-François Reille-Soult, directeur adjoint à la compagnie financière Edmond de Rothschild, devra mettre en œuvre tout son talent de banquier et de gestionnaire de patrimoine privé pour, si ce n’est transformer le plomb en or, attirer plus de  20 000 visiteurs par an et parvenir à l’équilibre financier de son budget annuel de 250 000 euros, compte tenu d’une très probable diminution des subventions en ces temps de crise.

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Château du Plessis-Bourré
49 460 Ecuillé
Tél. : 02 41 32 06 72
Site : www.plessis-bourre.com
Ouvert au public de février à novembre.
Fermeture le mercredi.
Entrée : 9,50 euros

PLAN D’ACCÈS :


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