10 000, 500 000, OU 5 MILLIONS D’EUROS : COMMENT PLACER SON ARGENT ?

placerargent2015-0Prime, héritage, donation… Vous avez un capital à faire fructifier ? Cette aubaine peut toutefois tourner au casse-tête, surtout en cette période d’incertitudes macro-économiques. Les rendements des placements à court terme… sont anémiques et la Bourse est en proie à des soubresauts… Afin de diversifier votre patrimoine pour parer à toute éventualité, voici les bonnes idées du moment.

 

Investir sur les marchés actions, souscrire une assurance-vie pour disposer de la sécurité d’un fonds en euros ou encore détenir des liquidités… sont les bases de la diversification de son patrimoine et donc d’une bonne gestion. Maintenant, il convient de trouver le bon équilibre entre ces classes d’actifs pour le moins complémentaires. Il est de fait stérile d’opposer l’immobilier aux marchés actions ou encore aux obligations…

Il peut également être constructif d’allouer à chaque enveloppe fiscale des objectifs identifiés : les PEA pour les actions et les contrats d’assurance-vie pour sécuriser ses actifs et le Duflot ou le Pinel pour investir dans l’immobilier…

Dans tous les cas, il est essentiel de privilégier la qualité finale de l’actif sur lequel vous investissez plutôt que l’avantage fiscal et surtout ne pas négliger la qualité de signature et le sérieux de vos interlocuteurs.

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Avec 15 000 euros privilégier la sécurité

Si votre capital est limité, avoisinant les 15 000 euros, il convient de ne pas prendre des risques excessifs. Les épargnants à la recherche de sécurité se tourneront vers le support de placement le plus incontournable comme les livrets d’épargne. Certes, les rendements offerts par les livrets réglementés, tels que le Livret A ou le Livret de développement durable, ne font pas rêver, mais il s’agit de placements sans frais et totalement exonérés d’impôts. De plus, ils sont accessibles aux petits comme gros épargnants, et permet d’assurer une liquidité en toute circonstance. Au gré des promotions, les livrets des banques en ligne telles que ING Direct, Boursorama, RCI Banque ou Banque PSA… avec leurs rendements dopés, permettront d’accéder à des rendements légèrement plus compétitifs. Ils sont à privilégier, même s’il ne faut pas s’attendre à des miracles.

Si le taux promotionnel de départ est souvent alléchant, il tombe après quelques mois à des niveaux extrêmement faibles. Une possibilité est de jongler entre les différentes promotions, mais l’imposition des intérêts et la perte de « quinzaines » liée aux transferts d’une banque à une autre, rend souvent ces livrets assez décevants. Ils convient d’être sélectif. Cap ensuite sur l’un des placements sécuritaires les plus répandus à savoir le support en euros des contrats d’assurance-vie.

Le capital est alors garanti et l’investisseur peut espérer une rémunération de l’ordre de 2,5 à 3 %.

Une fois doté de ce socle – assurance-vie et livret d’épargne -, les épargnants qui souhaitent des revenus complémentaires peuvent aussi se laisser séduire, pour quelques milliers d’euros, par des les sociétés civiles de placement immobilier ou SCPI, notamment celles qui détiennent des bureaux et affichent des rentabilités locatives supérieures à 5 %. Cet investissement pourra être financé en partie à crédit afin de déduire les intérêts d’emprunt des loyers servis par la SCPI, et donc alléger son impôt sur le revenu. Mais il convient de garder à l’esprit que, comme l’assurance-vie, il s’agit d’un placement de long terme, avec des horizons de placement de 8 à 10 ans. Les investisseurs en quête de produits à plus courte échéance se tourneront vers le plan épargne logement. Un PEL rapportera 2,5 % par an brut, avant prélèvements sociaux (CSG, CRDS…), pendant dix ans, sans compter la prime d’État s’il est utilisé, dans le cadre d’un investissement immobilier, pour obtenir un prêt épargne logement.

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Avec 50 000 euros les premières opportunités de diversification

Avec 50 000 euros, les marges demanœuvre sont un peu plus importantes. Il est notamment possible de commencer à opter pour des placements un tant soi peu plus risqués dans l’espoir de booster ses performances. Si l’essentiel du capital sera toujours judicieusement placé sur le support en euros d’un contrat d’assurance-vie et sur les livrets d’épargne, une partie pourra être orientée vers des sicav et des fonds en actions. Une des solutions est de se constituer une épargne avec des versements programmes en associant une assurance-vie prudente et un PEA en actions.

Les investisseurs particulièrement réticents à prendre des risques et qui disposent par ailleurs d’une trésorerie mobilisable pourront également choisir des fonds à formule qui sont susceptibles d’offrir une garantie du capital à l’échéance. Attention à choisir un cadre fiscal avantageux : l’assurance-vie multi-support ou le PEA pour les placements en actions européennes.

Les particuliers hostiles à la Bourse, ou dont le patrimoine compte peu d’immobilier pourront là encore recourir aux SCPI pour se diversifier davantage dans la pierre.

L’investisseur souhaitant au contraire prendre plus de risques sur son capital dans l’optique d’une meilleure performance, pourra se tourner vers le « nouveau » PEA-PME qui ouvre la porte à des investissements dans des entreprises de taille moyenne et intermédiaire cotées ainsi que dans des actions non cotées.

 

Avec 100 000 euros une palette de placements élargie

À condition de disposer d’un horizon de placement assez long, l’investisseur aura tout intérêt à accroître le profil de risque de son portefeuille. Il en va de la rentabilité de ses placements. Le premier axe stratégique stratégique à privilégier sera d’élargir le portefeuille d’ OPCVM et ajouter aux fonds actions classiques, des fonds flexibles ou opportunistes qui s’adaptent, par exemple, à la conjoncture des marchés.

Pour les investisseurs avertis, il pourra être judicieux d’acquérir des actions en direct. La gestion collective permet toutefois une grande diversification compte tenu des multiples fonds et SICAV éligibles au PEA ou proposés dans une assurance vie.

Le  PEA est  ouvert aux actions européennes et certains trackers répliquant des indices internationaux, américains par exemple. L’assurance-vie offre de plus larges opportunités d’investissement à l’international. Pour l’assurance-vie comme le PEA, il est important de prendre date en souscrivant un plan ou contrat le plus tôt possible. Pour être efficace et diminuer le risque, un portefeuille devra compter entre 10 et 20 lignes.

Les contribuables lourdement imposés auront aussi à cœur d’alléger leur impôt sur le revenu grâce, par exemple, à des SCPI Scellier. Ils pourront également envisager la souscription de FCPI ou de FIP (Fonds communs de placement dans l’innovation ou fonds d’investissement de proximité). Ceux-ci permettent de bénéficier d’une réduction d’impôt sur le revenu en investissant dans des PME non cotées en Bourse.

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Avec 500 000 euros s’attacher les conseils d’un professionnel

À ce stade, l’investisseur construit son portefeuille à l’aide de conseils personnalisés afin d’assurer une grande réactivité dans la gestion. Le support en euros de l’assurance-vie reste le socle du patrimoine financier pour sa sécurité et la disponibilité de l’épargne. Mais l’investisseur procédera désormais à un savant dosage entre placements « sages » et « offensifs ». Ces derniers comprennent la Bourse, bien sûr, mais aussi les obligations d’entreprises qui versent des revenus réguliers ou encore les FCPI et FIP. Il conviendra toutefois d’être toujours et encore sélectif. Les obligations ne sont de fait pas dénuées de tout risque. Les entreprises émettrices peuvent en effet faire faillite, ce qui est synonyme pour l’investisseur de perte sèche. Il est donc conseillé d’acheter des titres de grands groupes renommés ou internationaux, même si au final le rendement peut être légèrement moins alléchant.

Avec un tel capital, les portes de l’investissement immobilier sont également ouvertes. L’investissement locatif reste un bon investissement sur le long terme, notamment avec l’utilisation du crédit et de l’effet de levier. Dans certains cas, il est possible de réaliser des opérations blanches, autrement dit apporter le capital suffisant pour bénéficier d’un crédit qui financera le reste de votre investissement locatif. L’idéal est de faire en sorte que les loyers des locataires couvrent le crédit immobilier et les charges locatives.

 

Avec 1 million d’euros l’entrée dans le haut de gamme

Avec 1 million d’euros, les perspectives de placement sont pour le moins ouvertes. Ce montant incitera certains particuliers à investir massivement dans la pierre. Une stratégie à double tranchant car les revenus locatifs sont lourdement taxés une fois les crédits remboursés. Il est donc conseillé d’étudier l’opportunité d’une SCI, qui facilitera au moins le jour venu la transmission aux enfants. Une solution intelligente d’investir dans la pierre passe aussi par l’immobilier meublé et géré, qu’il s’agisse de résidences pour des retraités, pour des étudiants ou de tourisme. Sans s’occuper de la gestion, on a l’assurance de disposer de locataires fiables pour une période d’au moins 10 ans.

La rentabilité oscille entre 4 % et 5 %, nette de charges. L’immobilier meublé et géré bénéficie en outre d’une fiscalité incitative. Du fait du caractère commercial de cette activité, il est possible d’amortir la valeur du bien dans sa déclaration de revenu. La base imposable diminue d’autant. En moyenne, la base taxable est ramenée à un quart. Cerise sur le gâteau, si cette activité représente plus de 50 % des revenus, il est possible de bénéficier du statut de loueur en meublé professionnel. Toute la valeur taxable est ainsi sortie de l’ISF. Si l’immobilier meublé et géré affiche les mêmes rendements que les SCPI, de l’ordre de 4,5 %, la fiscalité permet de bénéficier d’une performance allant au final du simple au double !

Avec un million d’euros, il est en outre opportun de placer une partie substantielle du capital en Bourse. Le PEA atteindra rapidement son plafond de 132 000 euros. L’assurance-vie sera alors incontournable pour gérer astucieusement le portefeuille boursier qui intégrera à ce stade davantage de valeurs internationales.

Attention donc à choisir un contrat haut de gamme très souple avec une riche offre d’OPCVM et un suivi de gestion financière personnalisé. Certains fonds investis en obligations d’entreprises peuvent également être intéressants, grâce aux rendements élevés de ces titres et aux plus-values si la conjoncture économique s’améliore. Attention toutefois : ces fonds restent soumis à un risque de retournement de marché. Dans une optique de diversification, l’investisseur pourra aussi détenir quelques lingots ou pièces d’or, éternelles valeurs refuge.

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Avec 5 millions d’euros l’importance de l’optimisation fiscale

À de tels niveaux de patrimoine, il n’est plus possible de se concentrer uniquement sur la performance de ses placements, même si ce paramètre reste essentiel. L’impact de la fiscalité est également un critère de plus en plus lourd dont il est impératif de tenir compte. Il devient donc intéressant de souscrire un contrat de capitalisation particulièrement attractif au regard de l’impôt de solidarité sur la fortune : seules les sommes versées sont à déclarer et non les plus-values ou les intérêts capitalisés. Ce contrat complétera l’assurance-vie, toujours irremplaçable, pour les avantages fiscaux qu’elle offre en cas de succession.

Le PERP permet également d’alléger l’impôt sur le revenu et bénéficie d’un traitement favorable pour l’ISF sous certaines conditions. Le portefeuille boursier devra, lui, être très diversifié sur les actions et les obligations, de façon à ne jamais dépendre seulement des marchés d’actions européens. Pour investir dans des PME non-cotées, il devient possible d’accéder à un FCPR, un fonds de capital risque qui, certes ne donne pas droit comme un FCPI à une réduction d’impôt, mais promet de meilleures performances.

En résumé et quelque soit le niveau de son capital, il faut diversifier ses actifs et investir uniquement en fonction de son profil d’investisseur. L’épargne de précaution doit rester le socle du patrimoine, surtout en cette période d’interrogations sur la santé de l’économie mondiale. Mais dans tous les cas, il est exclu d’être inactif. Il faut faire travailler son argent !

 

Définir son profil d’épargnant avant d’investir

Pour investir judicieusement, chaque épargnant doit tenir compte de ses spécificités personnelles au moment de choisir la répartition des ses actifs et de sélectionner les produits financiers les plus adaptés. L’âge est en particulier à prendre en considération. Pour les plus jeunes, il faut tenir compte des nombreuses dépenses liées à leur entrée dans la vie active : achat de voiture, aménagement de leur habitat, études…. Leur horizon n’étant pas totalement dégagé, ils doivent privilégier les placements les plus liquides… Si leurs revenus sont conséquents, ils pourront par ailleurs opter pour des placements de long terme risqués.

À l’opposé, les plus âgés devront également privilégier la sécurité. De fait, en cas de pertes, ils n’auront pas forcément le temps de patienter pour escompter un retournement de marché. Pour les patrimoines importants, il sera conseillé de faire la part belle à l’assurance-vie en raison de ses nombreux avantages successoraux, sur le plan civil ou fiscal. Concernant les investisseurs entrant dans la tranche d’âge des 40 à 60 ans, il leur est en revanche conseillé de prendre une part de risque et de mettre une dose d’actions dans leur portefeuille. Pas question toutefois de jouer les casse-cou et de miser l’ensemble de ses économies en Bourse. Une poche de placement liquide mais également sécuritaire est toujours indispensable.

 

Tenir compte de sa situation familiale

Pour prendre les bonnes décisions, il faut également examiner sa situation de famille. Si vos enfants sont grands et volent de leurs propres ailes, vous serez bien plus libre d’exposer vos économies sur des placements risqués que s’ils sont jeunes et susceptibles d’avoir besoin d’une aide dans les prochaines années. De manière générale, soyez un peu plus sécuritaire si d’autres personnes comptent sur vous.

Jugez enfin les opportunités de placement d’un capital en fonction de la composition de votre patrimoine existant. Si vous avez déjà de nombreux placements sécuritaires, vous pourrez ainsi exposer un peu plus votre capital à placer sur des produits risqués.

À l’inverse, si votre patrimoine est déjà très dynamique, augmentez plutôt le curseur vers les formules à risque faibleou limité.

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