Longtemps réservé à une élite fortunée, le propriétariat n’est plus un rêve inaccessible. Grâce à la copropriété, il est aujourd’hui possible d’acquérir un cheval de course et de voir ses couleurs franchir le poteau d’arrivée.

 

Le vainqueur du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe 2013 vient d’ empocher un gain
de 2,7 millions d’euros : de quoi faire rêver ! C’est la deuxième course la plus dotée au monde. Pourtant, quand on demande au propriétaire d’un cheval de course ce qui a motivé sa démarche, la réponse est toujours la même : « la passion ! ». Mais s’il est vrai qu’il s’agit avant tout d’un investissement plaisir comportant une part de risque, investir dans un cheval de course peut constituer une bonne diversification patrimoniale, voire permettre de défiscaliser.

 

Un rêve de plus en plus accessible

Le monde des courses évolue et n’est plus synonyme de club fermé. Ainsi, à côté des grands noms propriétaires d’écuries de prestige, on trouve de plus en plus de « petits » propriétaires (85 % ne possèdant qu’un seul cheval) qu’ils soient industriels, commerçants ou artisans.

Le nombre d’agréments de « couleurs » délivrés par France Galop est en augmentation
(340 en 2012 contre 286 en 2001).

Au total, l’année dernière 4 600 propriétaires actifs se sont partagés 266 millions d’euros d’allocations.

 

Quelle formule ?

Outre la propriété individuelle, deux formules moins onéreuses et moins risquées existent pour favoriser l’accès à la propriété partagée de chevaux. L’association permet le regroupement d’une à dix personnes autour d’un seul cheval de galop. Un associé dirigeant doit être désigné et c’est sous ses couleurs que court le cheval. L’écurie de groupe autorise un nombre illimité de propriétaires (ayant reçu un agrément individuel) et permet d’exploiter la carrière d’un ou de plusieurs chevaux.

Les membres possèdent des parts de la société et le cheval est engagé sous les couleurs de l’écurie. À côté des écuries historiques comme celle du Club Galop (99 associés, faisant courir 4 chevaux et ayant empoché 2,4 millions de gain en 20 ans) se développent des écuries à thème telle DAM’S, exclusivement détenue par des femmes. Pour se lancer, il suffit de contacter France Galop (voir infos) qui joue les intermédiaires entre les investisseurs potentiels et les sociétés ayant reçu son agrément.

Le prix d’entrée dans une écurie de groupe est très variable. L’on peut néanmoins considérer que le minimum avoisine les 3 500 euros par part.

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Fiscalité

Pour ce qu’il en est de la fiscalité, tout dépend du statut du propriétaire. Le non-intervenant non soumis à l’ISF n’est pas imposable sur les gains, mais il ne peut déduire les frais d’entretien du cheval.

En cas de revente, il relève alors du régime des plus-values des particuliers avec abattement de 15 % par année d’entretien du cheval dans la limite de 7 années.

À l’inverse, le propriétaire-intervenant de plusieurs chevaux doit effectuer une déclaration des bénéfices non commerciaux (BNC) ce qui sous-entend la tenue d’une comptabilité quasi professionnelle. Investir dans une écurie de groupe peut être intéressant en cas de soumission à l’ISF. En effet, le statut de SAS (société par actions simplifiée) permet un abattement de 75 % du capital limité à 50 000 euros. Il est de 25 % lorsque le propriétaire n’est pas soumis à l’ISF. Quant à l’association, elle n’offre pas de possibilité de défiscalisation.

 

Comment acheter ?

Différentes possibilités s’offrent au futur propriétaire. L’achat peut se faire directement auprès d’un éleveur mais la formule s’adresse aux acheteurs avertis.

Pour les non-initiés, mieux vaut passer par l’intermédiaire d’un courtier agréé ou s’entourer des conseils d’un entraîneur.

L’acquisition pourra avoir lieu soit lors d’une « course à réclamer » (à l’issue de laquelle les partants sont mis aux enchères à bulletins secrets), soit lors d’une vente aux enchères (la plus prestigieuse étant organisée en août à Deauville par la société Arqana).

Pour un cheval de plat concourant dans une course commerciale, il faut compter de 10 000
à 30 000 euros et de 50 000 à 150 000 pour ceux des courses de sélections.

En obstacle, les prix sont identiques pour les chevaux de « course commerciale » mais sont moins élevés pour ceux des courses de sélection : de 50 000 à 100 000 euros.

 

Penser aux frais

Au prix d’achat du cheval s’ajoutent ses frais d’entretien. Ces derniers sont fonction de la notoriété de l’entraîneur et de sa situation géographique. À Paris, les frais pour un trotteur (entraîneur, vétérinaire, maréchal-ferrant, transport) s’élèvent à environ 1 500 euros par mois contre 1 000 euros environ en province. Pour un galopeur, il faudra compter autour de 2 000 euros à Paris et 1 500 en province. D’où l’intérêt d’acheter en copropriété et de partager les frais.

Depuis janvier 2013, les activités d’entraînement, le pré-débourrage, le débourage, le dressage, les prises en pension… sont soumises au taux normal de TVA au lieu de 7 %.

 

Quels gains ?

Hormis une commission reversée à l’entraineur (15,8 %) et au driver (5,2 %), les allocations des courses de galop reviennent au propriétaire. Elles sont réparties entre les vainqueurs de la façon suivante : 50 % au 1er, 25 % au 2ème, 15 % au 3ème, 6 % au 4ème, 4 % au 5ème.

Pour les courses de trot, la totalité de l’allocation est versée au propriétaire qui détermine seul de l’intéressement de l’entraîneur et du jockey.

À ces gains s’ajoutent les éventuelles plus-values en cas de revente du cheval ainsi que les saillies pour les étalons (un champion vainqueur du dernier Grand Prix de l’Arc de Triomphe, peut prétendre à 50 000 voire 100 000 euros par saillie) et l’utilisation comme poulinières des juments.

Investir dans un cheval de course peut donc être une opération particulièrement rentable. Néanmoins, la part de risque existe et c’est avant tout la passion des courses et le goût de la compétition qui doit présider à l’investissement.

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