VINS EFFERVESCENTS : LES CRÉMANTS SONT AUSSI DE LA FÊTE

cremant-1Grâce à leur rapport attractif qualité/prix, les ventes de crémants ne cessent d’augmenter au fil des années (+ 7 à 8 % par an, selon la Fédération nationale des producteurs et élaborateurs de crémants). Alliant fraîcheur et qualité aromatique, ces vins peuvent accompagner un repas du début à la fin, même si beaucoup se boivent à l’apéritif.

 

 

Les crémants (comme les Vouvray) participent aussi de la fête et bénéficient de la vogue des effervescents. À condition d’éliminer les vins au goût neutre, ils prennent de la crédibilité et de la hauteur en jouant la carte du terroir et des bulles fines. En particulier en Savoie où les crémants de cette belle région viennent d’être reconnus officiellement.

800 000 cols sont prévus fin 2015, soit 5 % de la production vins AOC de Savoie (16 millions de cols) cultivés sur 2 200 hectares (5 % de la superficie totale de production).

Ils sont donc désormais huit vignobles en France sur 10 700 hectares à concocter des crémants (73 millions de cols) dont les meilleurs peuvent rivaliser avec certains champagnes. Une récompense pour ces vignerons savoyards ambitieux et talentueux qui ont choisi depuis quelques années d’élaborer leurs effervescents à base des cépages Altesse ou Jacquère selon le cahier strict des charges crémant. Il précise notamment : « La cuvée (vin de base) destinée à la prise de mousse doit être issue des cépages blancs ou noirs avec un minimum de 60 % de cépages autochtones, dont minimum 40 % jacquère et 20 % d’altesse. Pour les 40 % restants tous les cépages sont autorisés mais un maximum de 20 % de cépages rouges ».

Deux cépages typiques qui confèrent à ce nouveau crémant une forte identité que les amateurs de bons crémants pourront découvrir et déguster en avant-première dès Noël. Les premiers vins montrent un style moderne et séduisant : des notes de fruits blancs et d’agrumes, de la fraîcheur bien sûr, mais aussi de la finesse et de l’élégance.

Né en 1982 pour promouvoir et défendre le crémant, la Fédération Nationale des Producteurs et Élaborateurs de Crémant réunit aujourd’hui huit syndicats d’appellation répartis dans toute la France : l’Alsace, Bordeaux, La Bourgogne, Die, le Jura, Limoux, la Loire et la Savoie.

 

cremant-3Le crémant se rebiffe… avec des cépages typiques

Le crémant, ça change de l’incontournable champagne, méthode champenoise. Pourtant, à l’origine, le terme crémant était utilisé pour désigner un champagne dont la pression était moitié moindre et qui donc présentait une mousse plus légère dite crémeuse. Depuis 1975, le mot crémant est réservé à des vins effervescents d’appellation d’origine contrôlée, élaborés selon la méthode traditionnelle. Un cahier des charges par région représente un gage de qualité. Au sein de l’Union européenne, chaque crémant identifié ainsi doit être élaboré et concocté selon un processus officiel et rigoureux. En fait, ils sont vinifiés de la même façon qu’un champagne avec une première fermentation, en cuve suivie d’une seconde fermentation du vin en bouteille grâce à des levures et du sucre pour susciter l’effervescence dû au gaz carbonique (CO2) et donc les bulles de plaisir qui riment avec la fête.

Si les cépages rois de la Bourgogne et de la Champagne, pinot noir et chardonnay, sont bien présents dans la majorité des crémants, ces vins effervescents jouent la différence en panachant leurs cuvées de cépages locaux bien adaptés à leurs terroirs respectifs.

Mieux vaut un bon crémant qu’un champagne médiocre. Et pas seulement pour le portefeuille du consommateur caressé dans le sens du gosier. C’est en tout cas la tendance 2014 mise en avant par la synthèse présentée en juin 2015 par FranceAgriMer et qui concerne les ventes des vins effervescents en grande distribution. Alors que les ventes de champagne diminuent en volume pour la 4e année consécutive, la croissance des marques nationales (à la différence des marques distributeurs en baisse) leur permet de progresser en valeur.

 

cremant-5Pas de trêve des confiseurs pour les bulles

Les bulles font l’événement lors de la 13e édition des effervescents du monde qui viennent de se dérouler à Dijon du 18 au 29 novembre avec la participation de 25 pays. Après la sortie le 23 octobre du film « Le chemin de l’humilité » de Romain Berthiot sur les grands effervescents de terroirs et la remise à Epernay du prix de champenoise de l’année à Amélie Nothomb.

La saisonnalité des achats d’effervescents, notamment en fin d’année, est toujours de mise malgré les campagnes de communication de la Fédération nationale de crémant et des grandes maisons de champagne pour tenter d’étaler la demande des consommateurs sur l’ensemble de l’année.

Entre le 8 décembre 2014 et le 4 janvier 2015, les ventes de champagne ont atteint 10,6 millions de cols (+ 0,5 % vs 2013, et -3,1 % vs 2009/13) et généré un chiffre d’affaires de 206 millions d’euros (+2,8 % vs 2013 et +3,9 % vs 2009/13). Ce qui permet à la grande distribution de réaliser 23 % de ses ventes annuelles (en volume et en valeur) de champagne d’une part, et d’autre part 42 % du volume et 72 % de la valeur de ses ventes en effervescents. Depuis quelques années, le champagne perd un peu de terrain du moins en volume (27 %) sur le marché des vins effervescents, même s’il reste le roi incontesté en valeur (66 % atteignant même 77 % lors de fêtes de fin d’année).

En volume, l’Alsace est largement en tête comme producteur de crémants (34 millions de cols en 2013) qui représente 25 % de la production alsacienne par rapport à l’ensemble des vins AOC du vignoble (contre seulement 0,5 % du vignoble bordelais) et près de 40 % de l’ensemble des crémants vendus. Avec une hausse moyenne de ses ventes chaque année d’environ 5,7 % depuis 1990.

Aujourd’hui, l’appellation Crémant du Jura représente plus d’un quart de la production jurassienne de vins d’AOC. De son côté, l’appellation Crémant de Bourgogne représente 10 % de la production viticole bourguignonne. Enfin, le crémant de Loire est la première AOC de fines bulles dans la Loire en volume.

Malgré la concurrence des crémants du Luxembourg et de Wallonie, le marché reste porteur à l’export et se concentre sur l’Allemagne, la Belgique, la Grande Bretagne et les USA.

Au bout du compte et de la fête, succombez au slogan « Oser la différence Crémant ».

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> À SAVOIR

Alsace : pinot blanc, riesling, auxerrois, pinot noir, chardonnay.

Bourgogne : pinot noir, chardonnay, pinot blanc, pinot gris, gamay noir à jus blanc, aligoté, melon, jacy.

Bordeaux blanc : sémillon, sauvignon, rosé : cabernet, merlot.

Die : clairette, aligoté, muscat.

Loire : chenin, cabernet franc, chardonnay, pinot noir, grolleau noir et gris, orbois.

Jura : poulsard, pinot noir, trousseau, chardonnay, savagnin.

Limoux : chardonnay, chenin, mauzac, pinot noir.

Savoie : altesse, jacquère, aligoté, chardonnay, mondeuse, chasselas, molette.


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