LE CHÂTEAU DU LUDE

chateau-du-Lude-76 siècles d’architecture à la française

 

À deux heures et demie de Paris, à mi-chemin entre Tours et Le Mans, au carrefour de trois régions, le Maine, la Touraine et l’Anjou, le château du Lude s’inscrit dans la visite des châteaux de la Loire. De plus, il est l’un des rares parmi les grands châteaux à être encore habité, faisant l’objet de tous les soins d’une famille qui l’occupe depuis 260 ans.

 

Louis-jean-et-Barbara-de-NicolayLes origines du château remontent au Xème siècle, constitué d’un vaste quadrilatère, flanqué de six tours et d’un éperon défensif entourés de douves larges et profondes. Le Lude sera au cœur des rivalités entre les grands seigneurs féodaux de la région. Au cours de la guerre de Cent ans, il est occupé par les Anglais en 1425, et libéré deux ans plus tard, au terme d’un siège de plusieurs jours par Ambroise de Loré accompagné de Gilles de Rais.

En 1457, le château devint la propriété de Jehan de Daillon, chambellan de Louis XI.

Ses descendants s’attachèrent à embellir constamment la demeure.

Ce fut notamment le cas de Jacques de Daillon, compagnon de François 1er, et de ses successeurs qui confièrent à des artistes italiens le soin de transformer l’austère forteresse médiévale en demeure de plaisance de style « Renaissance Italienne ».
La façade sud dite « François 1er », et les tours sont transformées avec l’ouverture de fenêtres à meneaux richement sculptées.

Plus tard, c’est la cour d’honneur aux plaques de marbre qui illustre parfaitement la « Renaissance Française » du XVIIème siècle.

Dans cette vaste demeure qui reçut en leur temps les visites de Henri IV en 1598 et de Louis XIII en 1619, la lignée des Daillon s’éteignit en 1685. Henri, duc du Lude, pair de France et grand maître de l’Artillerie, mourut sans postérité. Il légua le château à son neveu Antoine Gaston de Roquelaure, maréchal de France.

Par héritage, le Lude revient aux ducs de Rohan qui vendent la propriété en 1751.

Le Lude fut acquis par Joseph Julien Duvelaer, membre de la compagnie des Indes, qui entreprit une restauration complète du château avant de le léguer à sa nièce, la marquise de la Vieuville. À la veille de la Révolution, celle-ci fit construire l’aile orientale vers le Loir dont la façade sobre et dépouillée est un pur exemple du classicisme du XVIIIème siècle.

Pendant la révolution, le château est mis sous séquestre mais la marquise de la Vieuville réussit à en conserver la propriété.

À la mort de la marquise de la Vieuville, le Lude entra par succession dans la famille de Talhouët à qui l’on doit notamment les transformations de la façade Nord-Est, dite façade « Louis XVI » donnant sur l’éperon, et de nombreuses restaurations tout au long du XIXème siècle ainsi que des travaux d’embellissement jusqu’à l’aube de la Première Guerre mondiale.

En 1928, la façade François 1er et l’oratoire sont classés aux Monuments Historiques.

Le Lude restera dans la famille de Talhouët jusqu’au décès de René de Talhouët, en 1948, qui aura conservé son mandat de maire du Lude pendant 56 ans.

À partir de ce moment, son petit fils, René de Nicolaÿ en devient l’héritier, et c’est sous l’impulsion de sa veuve, la comtesse de Nicolaÿ, qu’est créé en 1958 l’un des premiers son et lumière qui fera la réputation du Lude jusqu’à sa dernière représentation en 1995.

Le château, son système fortifié, les murs de clôture du parc, et la totalité des communs font l’objet d’une inscription aux Monuments Historiques en 1992.

À la tête du domaine depuis 1980, Barbara de Nicolaÿ et son mari poursuivent la restauration de ce monument historique privé et familial qui offre un rare témoignage de six siècles d’architecture à la française.

Dans les années 90, le grenier à blé de 350 m2 à l’admirable charpente a subi une importante restauration pour en faire un espace dédié aux expositions. L’orangerie, au cœur du potager, a été restaurée, et en 1997, de nouveaux jardins s’étendant sur plusieurs terrasses dominant la paisible vallée du Loir ont été réaménagés et détiennent le label « jardin remarquable » décerné par le Ministère de la Culture.

Dans les années 2000, les travaux portant sur un tiers de la cour d’honneur en tuffeau et plaque de marbre ont nécessité un budget de 100 000 euros, financé en partie par une subvention à hauteur de 50 %.

En 2005, Barbara de Nicolaÿ a concentré ses efforts sur la muraille de l’ancienne forteresse, ainsi qu’une cheminée du château et notamment sur le fronton du pavillon XVIIème. Cette restauration importante fut récompensée par le prix « French Heritage » et accompagné d’une subvention de 50 000 euros. Chaque année des travaux d’entretien se portent essentiellement sur les toitures des communs pour un budget compris entre 5 000 et 15 000 euros.

Les efforts de Barbara de Nicolaÿ ont permis de doubler la surface des pièces ouvertes à la visite comme la bibliothèque, la chambre à coucher, les anciennes cuisines en service depuis le XVème siècle, et surtout le « studiolo », magnifique et unique exemple de cabinet de peintures à l’italienne dans un château français.

Pour attirer toujours plus de visiteurs, divers événements culturels et animations touristiques sont organisés au château du Lude, comme les Journées musicales et gourmandes et la grande fête du jardin et du potager, chaque 1er week-end de juin.

Dans les années à venir, Barbara de Nicolaÿ souhaiterait réaliser son projet d’aménagement et de réhabilitation des appartements Napoléon III, situés au premier étage. Mais ces lourds travaux butent encore sur leur important financement, estimé à hauteur de 200 000 euros.

Chaque année, 30 000 visiteurs se pressent pour admirer le charme de cette demeure privée et habitée, parfaitement préservée par ses propriétaires qui débordent d’énergie et de passion.chateau-du-Lude-9

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

CHÂTEAU DU LUDE
72800 Le Lude
Ouvert du 1er avril au 30 septembre
Tél. : 02 43 94 60 09
Site internet : www.lelude.com
Extérieur : 10h-12h30 et 14h-18h
Intérieur : 14h-18h
Prix : 8 euros

 

PLAN D’ACCÈS :

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