FONDS EN EUROS, RENDEMENTS À NOUVEAU EN REPLI MAIS TOUJOURS POSITIFS

Fonds en euros, positif, rendement, assurance-vie

Les rendements des fonds en euros ont poursuivi leur érosion en 2011. Un repli en réalité ininterrompu depuis 10 ans. Résultat, le taux moyen du marché avoisine désormais 3,1 % contre 3,4 % en 2010. Mais les fonds en euros n’ont pas forcément à rougir. Tous les placements proposés aux épargnants n’ont pas affiché un tel bilan sur l’année écoulée. Des pertes ont parfois été au rendez-vous d’un millésime 2011 contrasté sur les marchés financiers !

 

Longtemps présentée comme le placement préféré des Français, l’assurance-vie a perdu de sa superbe, la faute notamment à des rendements en berne en 2011. Même si la barre des 3 % a été préservée, la rémunération des fonds en euros a reculé en moyenne de 0,3 % à 3,1 %. La collecte de l’assurance-vie a d’ailleurs chuté de 85 % l’an dernier en France, tombant à 7,6 milliards d’euros, selon des données provisoires publiées par la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA).

Les versements sur les contrats d’assurance-vie en France ont atteint l’an dernier 124 milliards d’euros, contre 116,4 milliards d’euros pour les retraits. En 2010, la collecte nette s’était élevée à 51,1 milliards d’euros. Sur le seul mois de décembre 2011, l’assurance-vie a enregistré une nouvelle décollecte nette record, à 3,8 milliards d’euros. Il s’agit de la cinquième décollecte nette consécutive enregistrée depuis le mois d’août.

Cette désaffection subie par l’assurance-vie s’explique également par les piètres performances des fonds multi-supports, qui ont pâti de la crise et du recul de la Bourse en 2011, avec notamment un Cac 40 en repli de 17 % sur l’année écoulée. Au-delà de leurs rendements en repli, les fonds en euros ont également été une source d’inquiétude pour les épargnants du fait de leur exposition au risque des dettes souveraines européennes, en particulier grecque, portugaise et italienne…

 

Des rendements obligataires durablement déprimés

De plus en plus concurrencée dans le cœur des Français par le Livret A, l’assurance-vie pourrait encore décevoir dans les années à venir. De fait, les obligations, qui composent l’essentiel du portefeuille des assureurs affichent des taux peu reluisants. L’OAT 10 ans française est à moins de 3 %, à 2,9 %. L’impact sur des portefeuilles est facile à imaginer… et dilue tout naturellement les rendements plus élevés procurés par les anciennes obligations.

Mais les assureurs ne sont pas totalement sans réponse face à cette décrue des rendements. La plupart peuvent en période de vaches maigres « doper » les rémunérations par le biais de la PPE, leur provision pour participation aux excédents, même si celle-ci a dans de nombreux cas été déjà bien entamée au cours de ces dernières années…

Il faut toutefois vérifier que l’assureur n’abuse pas de ces pratiques, car elles peuvent engendrer certaines disparités. Un assureur peut servir des performances différentes sur sa gamme de contrats d’assurance-vie, même si à la base ils reposent tous sur le même fonds en euro. Pour le souscripteur, c’est un peu la roulette russe ! Il faut tomber sur le bon contrat. Jusqu’à peu, la distribution des réserves permettait également aux assureurs de favoriser les nouvelles générations de souscripteurs, au détriment des plus anciens. Mais depuis le législateur est passé par là. Et, c’est une bonne chose !

 

Étudier les performances dans la durée

Plus généralement, il est primordial d’étudier la performance proposée. Mais, il faut surtout s’assurer qu’elle est durable et récurrente. C’est le seul critère qui aille. Et il n’est pas réservé aux placements boursiers. Il faut dans ces conditions avoir une analyse sur 10 ans et voir si cette performance dépasse la moyenne du marché. En la matière, les groupes mutualistes ont l’avantage de ne pas diluer leur performance par la distribution de dividendes aux actionnaires. L’intégralité de la performance est ainsi destinée à notre clientèle. Ils ne sont pas pour autant toujours les plus compétitifs !

Les frais supportés par les contrats d’assurance-vie doivent en outre toujours être surveillés mais avec encore plus d’attention en cette période de baisse des rendements. Sinon le risque est de voir sa rémunération fondre. Les frais sont de deux natures : les frais sur versements, de 0 % pour les « contrats internet » à 4 %, et les frais de gestion annuels. Pour ces derniers, l’échelle est large, de 0 % à 1 %). Plus ces derniers sont importants, plus ils impactent la participation aux bénéfices et sont significatifs dans la durée.

 

Des fonds avec un zeste d’actions

Si vous vous interrogez sur l’opportunité de souscrire ou de conserver un fonds en euros, il existe des formules permettant d’espérer un supplément de rémunération. La gestion à « coussin » est l’une d’entre elles. Elle propose à côté d’un compartiment sans risques, des actifs diversifiés, 20 % à 30 % d’actions internationales par exemple, mais avec des garanties.

Les positions risquées sont ainsi vendues dès qu’elles sont susceptibles d’afficher des pertes, ce qui permet de garantir le capital tout en offrant des rendements supérieurs à ceux des fonds en euros traditionnels… à condition toutefois que les marchés se portent bien. Dans le cas contraire, le rendement peut-être moins bon qu’un fonds en euros mais reste tout de même positif. En cas de hausse régulière des marchés, les gains sont engrangés à la fin de chaque année et donc acquis : le fameux effet cliquet. Et le capital est dans tous les cas garanti.

Une autre solution est apportée par les contrats d’assurance-vie « diversifiés ». Ces contrats ont également comme ambition de doper le rendement offert mais pour cela il convient de bloquer son épargne durant une période prédéterminée de 10, 15 ou 20 ans. C’est à cette seule condition que le souscripteur pourra bénéficier de la garantie en capital. Pour le gestionnaire du contrat, le fait d’être assuré de détenir sur une longue période l’encours du contrat permet une gestion plus agressive.

Ces formules comportent une dose de risque à bien appréhender avant de souscrire. Si vous recherchez la simplicité et la souplesse, optez pour le fonds en euros traditionnel, il constitue encore un très bon placement une fois le plafond du Livret A atteint !

Lien court :

Vous devez être connecté pour poster un commentaire Connexion