FAUT-IL SE PRÉPARER À UNE HAUSSE DES TAUX ?

Haussetaux2016La planète finance va devoir composer avec la fin du « quantitative easing » aux États-Unis. Or les hausses de taux de la Fed sont bien souvent annonciatrices d’un durcissement de la politique monétaire en Europe. Faut-il s’en inquiéter ? Quel impact pour vos placements et votre épargne ?

 

 

Avec l’amélioration de l’environnement économique aux États-Unis et dans la zone Euro, qui sont sur le point de sortir de la stagnation qui a suivi la crise financière, la croissance dans les pays développés reprend peu à peu quelques couleurs. Dans ce contexte, la Réserve Fédérale américaine s’interroge toujours sur le timing et l’ampleur à donner au cycle de hausse de ses taux directeurs. Les décisions de la Fed devraient en particulier tenir compte de l’intensification des tensions sur le marché du travail et les signes avant-coureurs d’une hausse des salaires aux États-Unis.

Des doutes planent toutefois sur la vigueur de la croissance mondiale, compte tenu des nuages entourant la vigueur de l’activité économique dans les pays émergents et en particulier du ralentissement de la croissance en Chine. La banque centrale de Chine (PBoC) a ainsi réduit ses taux d’intérêt, soit sa 6ème baisse de taux depuis novembre 2014. L’accent a été maintenu sur la croissance, l’ambition de la Chine étant de multiplier son PIB par deux pour la période de 2010 à 2020, soit, au final, un chiffre équivalent à celui des États-Unis à l’heure actuelle. Cela suggère un taux de croissance annuel minimum de 6,5 %.

Mais la fragilité actuelle de la croissance dans les pays émergents et la volatilité des marchés financiers n’ont pas favorisé jusqu’ici un changement d’orientation de la politique monétaire de la Fed. En septembre, alors même qu’elle rêvait de normaliser sa politique monétaire, la Banque Centrale américaine a ainsi observé, du fait de ces pressions mondiales, un statu quo, comme elle l’avait déjà fait en mars et en juin. L’économie mondiale n’est de fait pas forcément sortie du spectre de la déflation. Mais la Fed a toujours eu jusqu’ici pour ligne directrice de ne tenir compte que de la situation interne aux États-Unis.

 

Des prêts immobiliers toujours attractifs

Malgré ces divergences des politiques monétaires des grandes puissances mondiales, – avec d’un côté les États-Unis sur le point d’impulser une remontée de leurs taux et de l’autre la PboC et la BCE qui vont poursuivre leur processus d’assouplissement -, l’environnement pour les ménages français souhaitant emprunter pour financer l’acquisition d’un logement est tout à fait porteur.

« Entre octobre et novembre 2015, la plupart des taux ont fortement baissé quelque que soit la région, retrouvant à peu près les taux observés en juin. Parfois même jusqu’à 0,45 point, comme dans la région Nord pour les crédits sur 25 ans avec des taux à 2,95 % en octobre versus 2,50 % en novembre. De nombreuses banques se repositionnent aujourd’hui sur la période de 30 ans, période qu’elles avaient déserté pendant plusieurs mois. Cette tendance à la baisse dans toute la France se lit également dans la moyenne nationale » indique Ulrich Maurel, président-fondateur d’Immoprêt.

L’élargissement du prêt à taux zéro à la quasi-totalité du territoire en 2016 devrait également accompagner ce mouvement vers l’accession et séduire de nombreux primo-accédants déjà de retour, sans oublier la forte concurrence entre les banques pour préparer correctement des objectifs 2016 ambitieux à l’image d’un marché qui reprend des couleurs.

Mais si la hausse des taux observée depuis juin est bien finie, il n’est pas acquis que la tendance à la baisse qui vient de s’amorcer se poursuivra forcément. « Nous aurons une vision claire sur les taux à compter du 2ème trimestre 2016 quand les premières tendances des marchés immobilier et crédit seront communiquées. D’ici-là, les taux seront ajustés à la fois en fonction de la politique des banques (dictée par leur progression par rapport à leurs objectifs) et de la politique monétaire de la BCE. » estime Ulrich Maurel.

 


JeromeBroustraJérôme Broustra,
responsable global des Taux chez AXA IM

Patrimoine Privé : Se dirige-t-on vers une hausse généralisée des taux d’intérêt dans le sillage de la Fed ?
J.B. : Véritable boussole pour les politiques monétaires des grandes banques centrales, la Réserve Fédérale américaine est sur le point de relever ses taux directeurs. Après deux rendez-vous avortés en ce début d’année 2015, la Fed devrait faire un geste au mois de décembre. Mais le plus important réside ailleurs : dans l’ampleur et le rythme de ce cycle de hausses de taux. Au niveau de la zone euro, la Banque Centrale européenne devrait une fois n’est pas coutume ne pas s’engager dans les pas de son homologue américain. La BCE va poursuivre l’assouplissement de sa politique monétaire. Une extension de son « quantitative easing » est d’ores et déjà attendue au-delà de septembre 2016. Cette divergence entre les politiques monétaires des grandes banques centrales internationales ouvre des opportunités !

 

P.P. : Quels sont les avantages ou les inconvénients pour l’épargne des Français ?
J.B. : Les ménages français ne devraient pas trop souffrir de la remontée de la courbe des taux. Elle devrait rester limitée et graduelle. Pour les obligations, une hausse des taux brutale est toujours une mauvaise nouvelle. Mais une fois la remontée effectuée, cela permet de bénéficier de rendements plus attractifs sur les nouveaux titres émis. Plus généralement, il est conseillé de privilégier les segments des émissions d’entreprises (corporate), à haut rendement ou les dettes des pays périphériques de la zone euro, comme l’Italie, l’Espagne, voire le Portugal, qui offrent d’ores et déjà des rendements plus confortables. Par contre, nous restons pour le moment à l’écart des dettes émergentes. Les rémunérations des placements indexés sur l’inflation vont pour leur part se renforcer à moyen terme. Rien de significatif toutefois. Mais dans tous les cas, il est vital de diversifier son épargne pour absorber à court terme la remontée des taux, même modérée, et s’adapter à un nouvel environnement à moyen terme.

 

P.P. : L’assurance-vie peut-elle servir de valeur refuge ?
J.B. : La remontée attendue des taux ne va pas véritablement changer le visage des fonds en euros des contrats d’assurance-vie. Leur rémunération va demeurer anémique dans les prochaines années, toutes les tombées de coupons étant investies à des taux bas. Pour dégager de la performance, les unités de compte sont plus que jamais incontournables. Il faut disposer d’une épargne flexible. Les OPCVM sont en l’occurrence un excellent outil de pilotage pour diversifier ses investissements. Au-delà des obligations, nous sommes également positifs sur les actions, en l’absence de récession, même si leur progression sera plus faible à moyen terme, la croissance mondiale allant ralentir dans le sillage des pays émergents et en particulier de la Chine.

 

P.P. : Quel type de gestion adopter dans un tel environnement ?
J.B. : Actions ou obligations, un patrimoine doit plus que jamais faire l’objet d’une gestion réactive et flexible. La volatilité des marchés est non seulement forte mais la fréquence des pics de volatilité à la hausse comme à la baisse est de plus en plus élevée, à l’image des derniers épisodes comme Glencore ou Volkswagen… En plus d’opter pour une gestion active, il convient de choisir les noms au cas par cas. Actuellement, nous sommes par exemple positifs sur les financières et l’immobilier pour des raisons fondamentales et de valorisation. En revanche, nous restons à l’écart des industries qui présentent des risques de fusion-acquisition élevés ou une exposition significative aux marchés émergents comme les secteurs d’alimentation ou la santé. Plus généralement, il faut être extrêmement sélectif car il y a des pépites cachées, notamment au sein des secteurs les plus malmenés, le but étant de bâtir une stratégie de rendement avec un horizon moyen-long terme.


 

Les taux des placements sans risque toujours anémiques

Si la faiblesse des taux est un atout pour les emprunteurs, elle constitue en revanche un handicap pour les épargnants. Les rendements des placements sans risque vont de fait conserver des niveaux peu attractifs. Pourtant, ces placements gardent la faveur des particuliers, selon un rapport de l’Insee.

Si depuis le début de l’année l’encours du Livret A ne cesse de reculer, son taux (0,75 %) étant depuis cet été fixé à un niveau historiquement bas, les particuliers se sont orientés vers d’autres produits sécurisés comme le Plan d’épargne logement (PEL) ou le fonds en euros de l’assurance, qui offrent des rendements un peu plus élevés, mais loin d’être mirobolants. Le PEL connaît ainsi un retour en grâce, avec un taux de détention de 25,2 %, contre 22,5 % en 2010. Son taux n’a pourtant pas de quoi faire rêver : 2 % pour ceux ouverts après le 31 janvier 2015.

Également très convoitée, l’assurance-vie reste le placement financier privilégié des ménages : 36,5 % des ménages métropolitains en possèdent au moins une, contre 28,9 % en 1998. Malgré la baisse de son rendement, passée de 4,1 % en 2007 à 2,5 % en 2014, les particuliers privilégient massivement le fonds en euros des contrats, pour sa sécurité (le capital investi ainsi que les intérêts obtenus sont garantis) au détriment d’autres supports (actions, immobilier), plus risqués.

Symbole de cette aversion au risque, la part de ménage détenant des actions a fondu. En 2004, un quart des ménages en métropole détenait des valeurs mobilières. Ils ne sont plus qu’un sur six début 2015 (16,5 %), note l’Insee. Il faut dire que les crises financières à répétition et la volatilité des marchés n’ont pas cessé de décourager les particuliers.

 

Les marchés actions prudemment optimistes

Pour autant, dans le contexte actuel, les professionnels de la finance estiment que, pour dégager de la rémunération, la prise d’une dose de risque est un passage obligé. Cela ne signifie pas obligatoirement spéculer. Investir dans les actions ou les obligations doit au contraire se faire dans le cadre d’une stratégie de long terme. Il faut également procéder avec méthode en privilégiant par exemple la gestion pilotée ou la gestion flexible…

Comme déjà évoqué, nombre de gérants pensent que les signaux de stabilisation de l’activité économique, les mesures des autorités chinoises pour soutenir la croissance et l’intervention des banques centrales en Chine et en Europe, nous garantissent un environnement plus favorable. Aux États-Unis, le changement modeste de politique monétaire attendu ne devrait pas être à même d’étouffer la croissance qui est apparue résiliente à l’automne. Le risque tant redouté de ralentissement généralisé induit par une récession chinoise est sorti des écrans radar.

À moyen terme, le potentiel de hausse des actions est ainsi évalué à 10 % environ par les experts de Cholet Dupont. Vincent Guenzi, le directeur de la Stratégie d’Investissement de la société de gestion explique ainsi : « un retour vers les points bas du 3ème trimestre semble moins probable. D’une part, l’amélioration de la conjoncture parait bien engagée dans les pays développés. Les investisseurs ont été convaincus de la volonté des autorités de stimuler la croissance et de réduire le risque déflationniste. Un retour du pessimisme semble d’autant moins envisageable. D’autre part, nous ne serions pas étonnés que les perspectives bénéficiaires des entreprises commencent à se redresser timidement. La moitié des secteurs européens ont connu un relèvement de leurs perspectives après plusieurs mois de baisse. Aux États-Unis, ce n’est pas encore le cas. Mais en 2016, la baisse du pétrole, des produits de base et la hausse du dollar devrait s’atténuer ou s’arrêter. Tous les secteurs qui en dépendent devraient voir alors leurs perspectives bénéficiaires se stabiliser et se redresser lentement. Il y a donc de bonnes chances que 2016 soit une année de croissance des résultats, comme en 2015 en Europe, mais aussi aux États-Unis, après une année 2015 étale. Cette perspective pourrait donc limiter également l’ampleur des replis des indices ».

Cholet Dupont continue ainsi de privilégier les actions européennes, devant les actions américaines ou japonaises. Des modifications sont toutefois à noter concernant les opinions sectorielles de ses experts sur l’Europe. À court terme, les secteurs de la distribution, l’assurance et des technologies ont été relevés à « + », tandis que l’opinion sur le secteur du pétrole est resté inchangée et celle du secteur Construction & Matériaux abaissée à « = ». À moyen terme, le secteur Alimentation & Boissons a été relevé à « + ».

 


FlorenceNicolasFlorence Nicolas, ingénieur patrimonial chez Cholet Dupont

 

Patrimoine Privé : Pensez-vous que les taux d’intérêt peuvent encore se détendre ?
F.N. : À court terme, les taux directeurs de la Réserve Fédérale américaine – qui imprime la dynamique des politiques monétaires des banques centrales des grands pays industrialisés -, devraient rester stables. Les marchés n’anticipent aucun geste avant janvier 2016. Mais si l’économie américaine confirmait sa bonne santé plus rapidement, un léger resserrement des taux pourrait intervenir. La Banque Centrale américaine doit en effet se donner des marges de manœuvre et être en mesure de baisser ses taux directeurs, si ultérieurement la machine économique venait à se gripper aux États-Unis. Aujourd’hui, elle dispose de moyens limités, avec des taux à leurs plus bas historiques. En Europe, la stabilité des taux est beaucoup moins menacée.

P.P. : Face à la faiblesse persistante des taux d’intérêt, quelles sont les opportunités qui s’offrent aux ménages français ?
F.N. : Compte tenu de la faiblesse des taux d’intérêt en France, les ménages ont tout intérêt à renégocier leurs prêts immobiliers ou les faire racheter par la concurrence. Les économies peuvent être substantielles au regard du cycle de baisse des taux enregistré ces dernières années. Pour les mêmes raisons, il est fortement conseillé aux familles souhaitant acquérir un logement de recourir au crédit immobilier.

 

P.P. : En matière de liquidités, quelles solutions privilégier ?
F.N. : La faiblesse des taux d’intérêt, et par voie de conséquence des rendements des produits d’épargne, doit inciter les ménages à conserver un minimum de liquidités, tout au plus 3 à 6 mois de salaire sur un livret. Le PEL constitue une alternative à ne pas négliger. Avec une rémunération de 2 % brut, il fait figure de super-livret, surtout comparé à un Livret A n’offrant qu’un taux de 0,75 % net. Il est d’autant plus intéressant que son taux est garanti pour toute la durée du PEL, soit 15 ans maximum, pour le souscripteur.

P.P. : Comment doper la rémunération de son épargne ?
F.N. : Pour gonfler ses rendements, il est conseillé de s’orienter vers des placements à long terme, comme les actions. Il faut en effet accepter de prendre une part de risque. L’exemple des fonds en euros montre que jouer la sécurité n’est plus rémunérateur, d’autant que les rendements proposés par ces placements sont dans une dynamique baissière durable. Chez Cholet Dupont, nous proposons le fonds Progressif, visant l’optimisation du couple rendement risque. Il comporte un maximum de 30 % d’actions. Ce fonds ne propose pas de garantie en capital mais son objectif de rémunération est de livrer un taux de 2,5 % en plus de celui de l’Eonia. Les fonds obligataires ne retrouveraient pour leur part de l’attrait qu’après une très forte hausse des taux. Les obligations convertibles en actions constituent une alternative, mais les actions restent toujours le placement offrant actuellement le plus de potentiel.

 

P.P. : Quelle part d’actions faut-il mettre dans son portefeuille ?
F.N. : Les profils défensifs pourront investir en actions entre 20 % et 30 % de leur épargne. Pour les épargnants les moins aguerris, le recours à un conseiller ou à un gérant est toutefois recommandé avant d’investir en Bourse. Concernant les épargnants affichant un profil équilibré en matière de couple risque-rendement, ils viseront une fourchette oscillant entre 30 % à 50 % de leur épargne. Enfin, les investisseurs les plus dynamiques ne se fixent pas vraiment de limites, même si l’expérience montre qu’ils investissent avec une vision de long terme à hauteur de 50 % à 70 % en actions.

 

P.P. : Quelle stratégie adopter pour préserver ses gains ?
F.N. : Au regard de la faiblesse des rendements, il est essentiel de protéger ses gains de l’impôt. Il est donc conseillé d’investir par le biais d’enveloppes fiscales comme l’assurance-vie ou le PEA, sous peine de voir sa rémunération être pratiquement divisée par deux après impôts. Pour bien investir, il est également essentiel de jouer la diversification de ses actifs. À ce titre, l’assurance-vie est un outil particulièrement adapté, le PEA se cantonnant pour sa part aux actions .


 

L’obligataire toujours haussier

Depuis le début de l’année 2015, les analystes n’en finissent pas d’annoncer la fin de la hausse des obligations. Mais les tendances économiques dominantes suggèrent plutôt que cette hausse est loin d’être terminée et que la politique monétaire mondiale devrait rester accommodante pendant encore un certain temps.

« Malgré tous les discours sur la normalisation de la politique monétaire, les taux d’intérêt resteront bas aussi longtemps que persisteront les pressions déflationnistes » indique Ariel Bezalel, gérant du fonds Jupiter Dynamic Bond chez Jupiter Asset Management, tout en détaillant : « nous ne voyons pas de signes montrant que les forces déflationnistes de l’économie mondiale s’atténuent. Au contraire, nous pensons que la majeure partie des ces pressions déflationnistes va persister pendant les années à venir ».

Ce scénario repose notamment sur l’absence d’équilibre budgétaire et de désendettement des grands pays industrialisés mais pas seulement. « Dans cette ère post-crise, la dette mondiale s’est alourdie de près de 60 000 milliards. Les derniers à avoir massivement emprunté sont les marchés émergents. La Chine, dont l’économie pèse aujourd’hui 10 000 milliards de dollars, a amassé une dette de 30 000 milliards de dollars. Le point le plus inquiétant pour nous est que pour de nombreux pays, le niveau de croissance nécessaire pour qu’ils commencent à se désendetter n’est pas encore atteint, notamment au sein de la zone Euro. Il est évident que des pays qui n’ont pas réussi à sortir de la dette ne vont pas pouvoir assumer des coûts d’emprunts plus élevés. C’est l’une des raisons qui explique pourquoi nous pensons que les taux vont rester bas encore un certain temps » explique Ariel Bezalel.

Dans tous les cas, une bonne stratégie patrimoniale doit s’inscrire dans le long terme. Mais pour être optimale, elle doit s’articuler sur au moins trois piliers : les placements financiers, les investissements immobiliers et l’optimisation fiscale. Mais, à chaque fois, il convient d’être réactif et flexible dans le temps aux évolutions de son environnement !

 


> PAS D’ABATTEMENT SUR LES MOINS-VALUES

Un arrêt du Conseil d’État en date du 12 novembre 2015 annule la doctrine administrative qui n’était pas fondée. Le Conseil d’État juge que les abattements ne s’appliquent pas aux moins-values.

Il précise d’ailleurs la méthodologie à appliquer pour déterminer la plus-value imposable au titre d’une année :
– Les gains nets imposables sont calculés après imputation sur les différentes plus-values réalisées, avant tout abattement, des moins-values de l’année ainsi que celles en report.
– L’abattement pour durée de détention s’applique ensuite au solde ainsi obtenu en fonction de la durée de détention des titres dont la cession a fait apparaître les plus-values subsistant après imputation des moins-values.

Le nouveau dispositif est donc très favorable car il optimise l’utilisation des moins-values en montant et en affectation puisqu’elles peuvent être affectées en priorité aux plus-values les plus récentes qui ne bénéficient pas d’abattement.

Pour les déclarations effectuées au titre des années 2013 et 2014, s’il apparaît que la décision du Conseil d’État permet d’alléger la charge fiscale supportée, il sera possible de faire une déclaration rectificative avant le 1er janvier 2017 pour la déclaration 2013. On attend cependant
le commentaire de l’Administration sur cette décision.


 

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