DANS QUELLE ZONE GÉOGRAPHIQUE INVESTIR EN BOURSE ?

Assurance-vie, Investir en bourse, assurance-vie

Dans la période actuelle, de crise aiguë en Europe, la peur domine les marchés financiers. Limiter ses investissements au « vieux continent » ou à la France n’est pas sans risque, il est préférable de diversifier son portefeuille. Mettre une dose de pays émergents ou de valeurs américaines dans son portefeuille est une option à étudier. Mais comment accéder à ces valeurs ? Et pour quelles performances ?

 

Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier est la base de tout bon investissement. À l’heure où l’Europe montre des signes tangibles de faiblesse, et où les plus pessimistes (mais hélas, pas seulement) parient toujours sur un éclatement de la Zone euro, investir dans des contrées moins agitées n’est peut-être pas une mauvaise idée. La stratégie visant à dépasser une simple diversification sectorielle, qui ne reposerait que sur des valeurs européennes, est plus que jamais pertinente, même si la conjoncture est loin d’être un havre de paix hors d’Europe. De fait, le vieux continent semble bel et bien dans l’œil du cyclone. Les plans de licenciements devraient se multiplier en Europe et en France dès cette rentrée, dans la foulée de PSA Peugeot Citroën qui a annoncé à la mi-juillet la suppression de 8 000 postes dans l’Hexagone. Si les États-Unis sont également confrontés à une situation de l’emploi difficile et des déficits publics abyssaux, ils disposent d’armes imparables : le dollar et la « planche à billets » pour financer, malgré la perte de leur triple A, une dette culminant à plus de 15 000 milliards de dollars.

 

Une Europe en crise…

En attendant, la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne… et l’Italie dès à présent, sont dans la tourmente. Même si le sommet du 29 juin à Bruxelles a abouti à des accords sur l’union bancaire et des mesures de soutien à la croissance (enfin, seulement 120 milliards d’euros, soit 1 % du PIB européen !), tous les problèmes sont loin d’avoir été résolus. La Grèce est toujours au bord du gouffre. À l’image de l’Espagne, une sortie de crise ne paraît pas pouvoir se dessiner à court terme. L’économie espagnole est prise dans une spirale négative d’une course à l’austérité qui bride la croissance et empêche un assainissement des comptes publics. Ce dilemme est général dans l’Europe du sud et la contagion menace l’ensemble de la Zone Euro. Mi-juillet, le Fonds monétaire international (FMI) a d’ailleurs pointé de « nouveaux signes de faiblesse », notamment en Zone euro. Le Fonds table désormais sur une progression du produit intérieur brut (PIB) mondial de 3,5 % (-0,1 point par rapport à ses précédentes prévisions d’avril) en 2012 et de 3,9 % (-0,2 point) en 2013, et continue de mettre en garde contre de nouveaux « risques de dégradation » de la situation économique.

Sans surprise, le FMI a concentré ses inquiétudes sur ce qu’il nomme « la périphérie de la zone euro » : la Grèce, sous assistance financière internationale, et l’Espagne, à qui l’institution prédit désormais une deuxième année de récession d’affilée en 2013. « Le principal risque est évident : que les cercles vicieux en Espagne et Italie deviennent plus forts, que la production baisse encore plus que maintenant, et que l’un de ces pays ne puisse plus se financer sur les marchés », a déclaré Olivier Blanchard, directeur du département recherche au FMI. « Les conséquences d’un tel événement pourraient aisément faire dérailler la reprise mondiale », a-t-il ajouté. Pour l’ensemble de la zone euro, le FMI prévoit toujours un recul de l’activité de 0,3 % cette année et une progression du PIB de 0,7 % 2013 (contre 0,9 % attendu il y a trois mois). La France n’échappe pas à une révision de -0,1 point en 2012 (+0,3 %) et de -0,2 point l’année prochaine (+0,8 %).

 

…des inquiétudes dans les émergents, mais du potentiel

Assurance-vie, Investir en bourse

La reprise de la croissance du PIB mondial enregistrée en 2010 (+4,9 %), après la récession de 2009, s’est modérée en 2011 (+3,6 %) et ne s’est donc pas prolongée en 2012, ainsi qu’en témoigne le FMI et l’évolution des cours des matières premières (souvent considérées comme un indicateur avancé de la conjoncture), dont ceux du pétrole, qui ont quelque peu reculé au cours de ces derniers mois.

Si une crise profonde frappe l’Europe, les pays émergents sont à leur tour gagnés par des inquiétudes concernant leur croissance. Les BRICs (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), qui ont connu une décennie faste et qui ont bouleversé la base industrielle des pays développés, sont confrontés à leur tour à des indicateurs plus mitigés, mais leur dynamisme reste sans comparaison avec celui des grands pays industrialisés. De fait, si les émergents sont pénalisés par leur dépendance aux marchés extérieurs (Europe et États-Unis en tête), leur demande intérieure reste positivement orientée et devrait le rester.

Sur les trois dernières années, les performances boursières des grandes zones géographiques sont d’ailleurs sans équivoque. Selon les statistiques de Morningstar (à fin juin 2012), les fonds investis sur l’Asean ont été plutôt en forme avec un bond de plus de 92 %, devançant les grandes capitalisations investies aux États-Unis (+ 58,6 %), l’Asie Pacifique hors Japon (+ 47 %) et l’Amérique latine (+ 44 %). Les fonds investis dans les grandes capitalisations de la Zone Euro sont dans le vert mais ne gagnent que 10 % et 27 % pour l’ensemble de l’Europe. Sur un an, les grandes capitales de la Zone Euro affichent le plus mauvais score avec un recul de pratiquement 17 % et d’un peu plus de 7 % pour l’ensemble de l’Europe.

Les marchés émergents représentent donc une opportunité. Ils font mieux que les marchés européens et américains et affichent un meilleur potentiel de développement de leur activité. Au-delà du dynamisme économique, les émergents sont en outre peu endettés… Ils conservent donc des marges de manœuvre pour investir dans des plans de relance.

 

Ne pas se cantonner aux BRICs

De plus, penser émergents, ce n’est pas se limiter aux BRICs : Brésil, Russie, Inde et Chine. De nouveaux pays montent en puissance. Ils constituent une bonne alternative pour les investisseurs actifs, en mesure d’assumer le risque pays et le risque de marchés financiers moins efficients que les places d’échanges occidentales.

Pour investir dans les pays émergents, il existe plusieurs moyens. Il est possible d’investir via les actions, les obligations ou les Sicav et fonds communs de placement. Pour une exposition maximale, il convient d’opter pour l’investissement direct en actions d’entreprises locales, mais il faut toutefois veiller à respecter son cercle de compétences. Car investir en Asie ou en Amérique latine n’est pas aussi aisé que d’acheter des valeurs à la Bourse de Paris. Si vous ne comprenez pas les particularités du marché local, abstenez-vous. D’autant que ces bourses sont souvent très volatiles. Elles ont par ailleurs dans bien des cas des règles de fonctionnement propres et parfois un manque de transparence.

Investir dans une entreprise ou un pays que l’on ne connaît pas suffisamment constitue au final une prise risque inconsidérée, comparable à de la loterie. Au-delà de la connaissance des pratiques de chaque place boursière étrangère, il faut bien appréhender le business model des entreprises dans lesquelles on souhaite investir et être certain de disposer d’un accès permanent à ses informations boursières et financières.

 

La sécurité de l’investissement collectif

C’est pourquoi, il peut être intéressant de se tourner vers des Sicav ou fonds de placement spécialisés sur les pays émergents, pour bénéficier du savoir-faire d’un professionnel pleinement au fait des pratiques et des évolutions des marchés émergents. Mais là encore, il convient de bien s’informer sur la stratégie de chaque fonds avant de souscrire et de bien prendre connaissance de la constitution de son portefeuille, de ses objectifs de performance ainsi que de son niveau de risque.

Une autre alternative est de se tourner vers des fonds cotés (Exchange Traded Fund, ETF) qui permettent de répliquer les indices. Leurs frais de gestion sont moindres et ils permettent également de diversifier les placements. Mais là encore, il faudra veiller à bien analyser la composition des indices dans lesquels vous investissez, car certains peuvent être très exposés à des secteurs ou des pays à risque…Si vous gérez votre portefeuille en actions vous-même, nous vous conseillons de vous limiter aux actions nord-américaines ou européennes. Même en cette période de crise, les actions françaises ne sont pas à bannir, d’autant que les frais sont plus élevés sur les marchés étrangers, ce qui pénalise la performance. De plus, il existe de belles pépites et des grands groupes en Europe qui ont un rayonnement mondial ou un potentiel de croissance toujours attractif.

Tout miser sur les pays émergents n’est de fait pas la solution. Ils connaîtront également des crises (peut-être plus tôt qu’on ne le pense). Une répartition cohérente de votre portefeuille pourrait être 50 % d’actions françaises, 20 % d’actions américaines, 15 % de Sicav émergents et 15 % de liquidités, avec comme toujours une grande sélectivité. Patrimoine Privé, vous livre à ce titre les conseils de
professionnels reconnus…

Lien court :

Vous devez être connecté pour poster un commentaire Connexion