COMMENT BIEN PLACER SES LIQUIDITÉS

placeliquiditeTombé à un niveau historiquement bas début juin, le taux directeur de la Banque Centrale Européenne a, par effet boule de neige, pesé sur la rémunération des livrets bancaires et autres produits de trésorerie. Mais des solutions existent pour améliorer le rendement de ses liquidités.

Le 5 juin, la Banque Centrale Européenne a abaissé son principal taux directeur à 0,15 %. Le loyer de l’argent en zone euro stationnait à 0,25 % depuis le mois de novembre. Si ce repli paraît anecdotique, il ne restera pas sans conséquence. Déjà, une baisse de la rémunération du Livret A et du LDD, à 1 %, est devenue inéluctable lors de la révision du 1er août. Les épargnants français n’ont pas manqué d’anticiper cette décision. Après deux mois de souscriptions nettes positives, le Livret A a enregistré en mai plus de retraits que de dépôts, avec un solde net négatif de 90 millions d’euros. Le Livret de développement durable a pour sa part subi une collecte négative de 10 millions d’euros.

Globalement, les perspectives ne sont pas très favorables pour faire fructifier son épargne de précaution ou une trésorerie temporairement disponible, suite par exemple à la vente d’un bien immobilier… Il ne faut pas espérer de miracle. La faiblesse des taux d’intérêt est là pour durer en l’absence de reprise économique dans l’Hexagone. Même à l’échelle de l’Europe, l’euphorie n’est pas de mise, même si l’Europe du sud redresse péniblement la tête. Dans ce contexte, la Banque Centrale Européenne devrait maintenir à des niveaux très faibles ses taux directeurs, sur lesquels sont indexés la plupart des placements à court terme.

Dans ce contexte, les Sicav monétaires ne sont pas conseillées, même si elles offrent une grande souplesse pour un placement de quelques jours à quelques mois. Mais leur rentabilité est proche de zéro, avec un rendement brut annuel de 0,3 %. Sans même évoquer les frais de souscription ou de gestion parfois élevés, certaines Sicav affichent même des rendements négatifs !

 

Les Livrets réglementés incontournables

Le premier conseil est donc de minimiser le montant de sa trésorerie. Tous les placements en la matière – sans exception – étant appelés à voir leur rémunération fléchir, le Livret A et le LDD n’ont par ailleurs pas de raison d’être particulièrement délaissés. Ces livrets étant défiscalisés, ils gardent des atouts. Même si leur rendement tombe à 1 % en août, ils permettront de se protéger de l’inflation et même de bénéficier d’une très légère rémunération. Le taux d’inflation annuel de la zone euro s’est en effet établi à 0,5 % en mai 2014, contre 0,7 % en avril, selon Eurostat. Un an auparavant, il était de 1,4 %. Au final, avec la baisse de l’inflation parallèlement aux rendements, la rémunération nette du Livret A est demeurée relativement stable en un an.

Pour optimiser sa trésorerie sur ces livrets défiscalisés, il sera toutefois préférable de faire attention au calcul des intérêts, il se fait à la quinzaine. Résultat, il est préférable de faire ses versements juste avant le 1er et le 16 de chaque mois, sous peine de rogner encore un peu leur rémunération.

Au final, le Livret A et le LDD restent des options à étudier pour rémunérer ses liquidités, d’autant que les sommes pouvant être placées sur ces produits sont loin d’être mirobolantes. Le plafond de versement sur le Livret A est de 22 950 euros depuis le 1er janvier 2013 (15 300 auparavant) et pour le LDD de 12 000 euros. François Hollande avait promis de porter le plafond du Livret A à 30 600 euros pour financer la construction de logements sociaux, mais cette mesure devrait être abandonnée, sans compter qu’un faible pourcentage des détenteurs d’un Livret A aurait atteint le seuil de 22 950 euros (8 % ).

 

La bataille des super-livrets

Si les livrets réglementés ne font pas de miracle, les super-livrets tirent en revanche un peu mieux leur épingle du jeu. Au gré de leurs taux promotionnels, ils affichent des rendements bruts oscillant entre 1,5 % et un peu plus de 3 % bruts sur 12 mois. Leur rendement net est au final légèrement supérieur à celui du Livret A, avec des taux compris entre 1,4 % et 2,17 %.

Les promotions avec des taux à 5 % l’espace de quelques mois ont toutefois disparu. Avec son livret Distinguo, PSA Banque offre cependant encore une alléchante rémunération de 4,5 % sur 4 mois. Le Livret ZestO de son concurrent RCI Banque, groupe Renault, offre pour sa part un taux de 4 % mais sur 6 mois, tandis que BforBank propose du 4,60 % jusqu’à la fin de l’année.

Face à ces multiples offres, l’important reste le taux de base, servi une fois la promotion terminée. Il est à prendre en compte tout comme la durée de la promotion. Avec une période de promotion un peu plus longue, un livret proposant un taux boosté plus faible peut ainsi au final proposer un taux moyen plus important que ses concurrents. Mais dans tous les cas, il s’agit de taux bruts. Pour un ménage imposé à 14 %, un taux annuel de 3,10 % par exemple ne laissera guère plus de 2,18 % nets une fois retranchés impôt et prélèvements.

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Des solutions alternatives

Si le premier réflexe est de placer ses liquidités sur des livrets d’épargne, ils ne constituent pas les seuls placements dédiés à la trésorerie. Le compte à terme a également cette vocation. Mais les taux pratiqués ne sont guère plus attrayants que ceux des livrets. Il faudra en outre bloquer son épargne un mois, trois mois… voire plusieurs années. Généralement, la rémunération est d’autant plus élevée que la durée du placement est longue. Attention donc aux rémunérations sur de courtes périodes !

Une autre alternative pour ses liquidités est le plan épargne logement. Sur les quatre premiers mois de l’année 2014, le PEL affiche une collecte de plus de 4 milliards d’euros, plus que le Livret A et le LDD réunis, selon les statistiques de la Banque de France. Rémunéré à 2,5 % avant cotisations sociales, soit 2,11 % net de tout impôt, le PEL apparaît de plus en plus rentable.

 

Tout le monde peut souscrire un PEL.

Il est plus avantageux pour les personnes envisageant d’acquérir à terme un bien immobilier. Il permet de disposer d’une épargne et de bénéficier en outre d’une prime qui peut faire monter la rémunération au-dessus de 3 % dans le cas de l’obtention d’un crédit immobilier. Le PEL est plafonné à 61 200 euros. Il faut toutefois savoir que la durée minimale d’épargne est de quatre ans. Mais en cas de retrait avant deux ans de détention, le souscripteur ne repartira pas bredouille. Il touchera le taux du CEL, soit actuellement 0,75 %.

 

Ne pas écarter l’assurance-vie

Même si l’assurance-vie est traditionnellement présentée comme un placement de long terme, elle a sa carte à jouer en matière de rémunération des liquidités. Certaines précautions sont toutefois à prendre. Il ne faut retenir en particulier que les contrats affichant 0 % de frais de versement. Avec un fonds à 3 % de frais de versement, vous ne gagnerez rien. Résultat, il faudra se tourner vers les offres en ligne, comme ING Direct Vie, BforBank Vie, Boursorama Vie ou Symphonis Vie… !

Pour que la fiscalité ne vienne grignoter vos rémunérations, il est aussi important d’utiliser un contrat ayant plus de 8 ans d’âge. Le taux d’imposition n’est alors que de 7,5 %, sans compter un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple. Sinon, pour un contrat de moins de 4 ans, les intérêts sont imposés à hauteur de 13,5 % pour les prélèvements sociaux, auxquels s’ajoutent 35 % de prélèvement forfaitaire. Entre 4 et 8 ans de détention, le prélèvement libératoire recule à 15 % mais reste prohibitif.

Une fois ces précautions prises, l’argent déposé sur votre assurance-vie est disponible à tout moment et rapidement. Un assureur a deux mois pour verser vos fonds en cas de rachat. Avec un rendement des fonds en euros de 2,8 % en moyenne en 2013, l’assurance-vie reste malgré tout compétitive par rapport à nombre de livrets.

Au final, quelque soit le placement retenu pour une épargne de court terme, la fiscalité est à surveiller comme le lait sur le feu, car elle peut être très pénalisante. Mais il faut également décrypter la nature des rendements affichés : sont-ils promotionnels, net ou bruts, annualisés ou pas… Des petites attentions, qui peuvent se révéler payantes. Et comme pour toute bonne gestion de patrimoine, les professionnels conseillent de privilégier la diversification !

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> LES BANQUES EN LIGNE
REPRÉSENTENT 5% DU MARCHÉ

– 46 % des Français déclarent avoir au moins deux banques et 5 % d’entre eux ont déjà pour établissement bancaire principal une banque 100 % en ligne, selon une enquête Boursorama-OpinionWay.
– Un sondé sur cinq envisage de se diriger prochainement vers la banque en ligne.

 

> LES FRANÇAIS SATISFAITS DE LEUR BANQUE

Tous clients confondus, près de trois Français sur quatre estiment entretenir une bonne relation avec leur banque. Ce taux grimpe à 82 % pour les clients des banques en ligne, lesquels déclarent à 64 % n’avoir jamais été déçus par leur banque contre 44 % chez les clients des banques traditionnelles.

 

> LA TENDANCE DU MARCHÉ MONÉTAIRE

Le principal catalyseur sur les marchés de taux viendra des États-Unis. En effet, la BCE va rester très accommodante très longtemps… À l’inverse, une attitude moins accommodante de la FED (la banque centrale américaine) pourrait faire remonter le dollar et les taux européens par contagion. Cependant, l’Eonia devrait rester bas au moins les deux prochaines années, selon Remi Lelu de Brach, gérant de taux chez Quilvest.

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