BOURSE : COMMENT DÉPASSER L’ALÉA FISCAL ?

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Capital financier taxé comme le travail, marchés actions boudés par les investisseurs… la Bourse présente pourtant un réel intérêt pour placer son épargne à moyen et long terme. Même si le risque reste élevé en ce moment, le niveau de valorisation est faible et les grandes entreprises sont en bonne santé. Face à ces opportunités, le moment de s’intéresser à nouveau aux actions a peut-être sonné. Tout en restant prudent.

 

Le net tour de vis fiscal imposé par le gouvernement dans le cadre de la loi de finances 2013 n’a pas épargné les revenus du capital. Les hausses d’impôts ont ciblé les boursicoteurs qui devront compter sur la suppression du prélèvement forfaitaire libératoire (PFL) de 21 % sur les dividendes et de 24 % sur les intérêts. Ces revenus seront, à compter de l’imposition des revenus de 2012, taxés au barème progressif à l’impôt sur le revenu. Les plus-values mobilières réalisées en 2012 seront pour leur part imposables au taux forfaitaire de 24 %, au lieu de 19 % précédemment, auquel il faut ajouter 15,5 % de prélèvements sociaux, soit un taux global de 39,5 %.

L’addition est lourde et ne devra pas manquer d’interpeller les épargnants au moment d’investir sur les marchés actions. Ce durcissement de la fiscalité boursière ne doit pas néanmoins jouer comme un repoussoir, surtout que les placements rentables ne sont pas légion, à l’image des obligations qui ne rapportent rien ou quasiment rien et dont les plus pessimistes estiment qu’il n’est toujours pas sûr que dans 5 ou 10 ans elles seront intégralement remboursées. Les livrets (Livret A, LDD, Super-Livrets bancaires) et autres fonds en euros… ne s’illustrent pas plus par le niveau de leurs rendements, il faut l’admettre bien décevants. Placer ses économies sur des placements sans risques permet peut-être de dormir tranquille mais n’est pas forcément une stratégie optimale d’un point de vue financier.

 

La valorisation attractive des actions

Les actions ont bel et bien une carte à jouer dans le patrimoine des Français, avec un Cac 40 qui oscille autour des 3 500 points depuis plusieurs mois. Elles disposent de fait de deux atouts majeurs : un bon rendement et surtout, en ce moment, un potentiel de valorisation important. Sans compter que depuis les déclarations du Président de la BCE, Mario Draghi, fin juillet, la Bourse de Paris a repris des couleurs. « Tout sera fait pour sauver l’euro », avait martelé le patron de la Banque centrale européenne.Mais le contexte reste malgré tout fragile et il convient d’user de prudence pour investir en Bourse. Il est donc conseillé de jouer la diversification. Pour limiter leur risque, les épargnants les moins aguerris devront privilégier les fonds et Sicav gérés par des professionnels plutôt que d’investir en direct sur le marché actions. En raison de la conjoncture économique plus difficile en zone euro, mieux vaut choisir des fonds internationaux, qui sauront profiter à moyen terme de la croissance des pays émergents.Pour le long terme en revanche, les fonds qui misent sur les marchés européens présentent un intérêt, car les actions de cette zone sont actuellement sous-cotées par rapport aux titres américains… Lorsque le problème de la dette publique dans zone euro aura été réglé, le rebond risque d’être plus fort de ce côté de l’Atlantique.

 

La sécurité de l’investissement progressif

Par ailleurs, le meilleur moyen de revenir en Bourse reste d’y investir régulièrement, mais comme toujours, uniquement les sommes dont vous n’avez pas besoin dans un proche avenir. Les professionnels conseillent ainsi de rentrer progressivement sur le marché tout en se donnant des objectifs de cours. Une fois l’objectif atteint, on sort et on encaisse. De manière générale, il est recommandé de positionner en bourse entre 10 et 20 % de son patrimoine total. Toutefois, cette proportion peut varier selon votre âge. Les banques proposent à ce titre des produits de gestion dits «à horizon», une option qui est fréquemment proposée dans le cadre des contrats d’assurance-vie.

Pour faire simple, plus vous êtes jeune, plus vous pouvez vous permettre d’aller en bourse, sans pour autant dépasser 35 % de votre patrimoine. Dans tous les cas, la démarche primordiale doit être d’investir dans une perspective de long terme au capital d’entreprises et de les accompagner dans la durée, plutôt que de spéculer sur des marchés et espérer faire des coups… Il faut savoir se focaliser sur les fondamentaux micro-économiques et en particulier la valeur intrinsèque des entreprises, plutôt que d’essayer de deviner l’orientation des marchés ou l’évolution de tel ou tel secteur, région à quelques semaines ou quelques mois… Ces investissements doivent être choisis après avoir identifié les facteurs de leurs « succès » et s’être assuré de leur pérennité.

 

L’optimisation fiscale plus que jamais nécessaire

L'aléa fiscal, bourse, gestion placementMais il ne suffit plus de dégager de la performance, même si cette dernière doit rester la première ambition d’un investisseur. Il faut également la préserver. Avec l’annonce récente du gouvernement de taxer les revenus du capital au même titre que les revenus du travail, le plan d’épargne en actions retrouve par exemple tout son intérêt. Le PEA permet en effet, dès lors que vous le détenez pendant au moins 5 ans, de ne pas être imposé sur les plus values, hors prélèvements sociaux auxquels nous ne pouvons malheureusement jamais nous soustraire. Mais au bout de cinq ans, cela entraîne la clôture du plan. En revanche, au-delà de huit ans, des sommes peuvent être retirées, tout en laissant fructifier le solde.

Pour bénéficier de cette fiscalité favorable, il faut se limiter aux actions de sociétés dont le siège social est situé en France, dans l’un des États membres de l’Union Européenne, en Islande et en Norvège. Les sicav et les FCP (Fonds communs de placement) sont éligibles s’ils sont investis à hauteur de 75 % dans ces mêmes pays. Pour ouvrir un PEA, il est conseillé d’opter pour un courtier en ligne spécialisé. Les droits d’entrée y sont avantageux (souvent moins de 2 %), sans frais de courtage et parfois sans droits de garde. Cette alternative permet également de dynamiser le contenu de son PEA en accédant à tous les fonds du marché (et pas simplement les fonds « maisons » des banques traditionnelles) et même aux trackers qui offrent une diversification de placements venant du monde entier, tout en étant, pour nombre d’entre eux, éligibles au PEA.

Au-delà du PEA, l’assurance-vie est également recommandée. Pour choisir entre ces deux enveloppes, il faudra procéder à un arbitrage entre les objectifs d’épargne poursuivis, la fiscalité applicable et les frais demandés par l’intermédiaire financier.

Si l’assurance-vie est le compromis idéal, entre fiscalité, liberté de placement et facilités de transmission, elle présente bien souvent l’inconvénient d’être gourmande en frais. Sauf rares cas, il n’est pas possible d’investir directement dans des actions. Il faut acheter des sicav ou des fonds spécialisés. En cas de retrait d’argent dans les quatre ans de l’ouverture du contrat, les intérêts sont taxés à 35 % auxquels s’ajoutent 13,5 % de prélèvements sociaux. Pour investir en Bourse, il faudra donc être doublement sélectif, à la fois sur ses choix d’investissement et sur son enveloppe fiscale.

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