BIEN INVESTIR FACE AUX INCERTITUDES DE 2015

investir-2015Incertitudes et volatilité serviront à nouveau de pouls aux marchés financiers en 2015. Aucune grande zone géographique ne se dessine en effet comme un indéniable moteur de la croissance mondiale. Même si la baisse du pétrole est une bonne nouvelle,
le casse-tête commence pour les investisseurs. Quelles entreprises tireront leur épingle du jeu cette année ? Où investir ?Voici les recommandations de professionnels !

 

 

Le panorama économique mondial n’offre pas à ce jour un horizon pleinement dégagé. Pourtant les actions devraient enregistrer les meilleures performances en 2015 parmi les différentes classes d’actifs, selon la dernière étude mondiale réalisée par Natixis Global Asset Management. Ces investisseurs, responsables de fonds de pensions publics et corporates, fonds souverains, assureurs, prévoient de mettre en œuvre une stratégie d’allocation prudente l’année prochaine, tout en privilégiant les investissements générateurs de rendement par rapport aux actifs plus risqués.

Pour 46 % des investisseurs institutionnels interrogés, les actions offriront les performances les plus solides en 2015, tout particulièrement les actions américaines qui devraient surperformer les autres régions. Ils sont en revanche 28 % à penser que les produits dé-corrélés afficheront les meilleures performances, le private equity arrivant en tête au sein de cette catégorie. Les obligations ne recueillent que 13 % des votes, suivis par l’immobilier (7 %), l’énergie (3 %) et le marché monétaire (2 %).

 

Un environnement incertain

En moyenne, les investisseurs institutionnels pensent pouvoir générer des rendements nets annuels de 6,9 % après inflation. Mais, il faudra composer avec nombre d’incertitudes. Les événements géopolitiques figurent en particulier en tête des menaces. Les quatre principaux facteurs de risque qui pourraient peser sur les performances l’année prochaine sont de fait les événements géopolitiques (cités par 17 % des investisseurs institutionnels), les problèmes économiques en Europe (13 %), le ralentissement de la croissance en Chine (12 %) et la hausse des taux d’intérêt (11 %).

Sur le terrain économique, la conjoncture européenne reste de fait soumise aux aléas grecs mais également aux tensions persistantes en Ukraine. Après, une surprise reste possible dans la zone euro. La politique de Quantitative Easing ou de stimuli monétaires actionnée par la BCE pourrait avoir un impact positif sur la consommation des ménages comme le moral des chefs d’entreprise. Aux États-unis, malgré de solides fondamentaux, il faudra tout de même composer avec la probable remontée des taux de la FED, largement pronostiquée pour l’automne. Par ailleurs, les divergences s’accentuent sur les marchés émergents, avec d’un côté des pays comme le Mexique et la Chine qui devraient tirer profit de la conjoncture américaine et, de l’autre, le Brésil et la Russie qui font face à des tensions inflationnistes et l’effondrement des cours du pétrole.

 

Commencer par limiter son risque

S’il n’existe pas de martingale pour gagner en bourse, il est par contre possible de limiter son risque, et donc ses pertes potentielles, en appliquant des règles élémentaires. Maintes fois répétées, ces règles n’en sont pas moins essentielles. Il convient en premier lieu de n’investir que l’argent dont vous n’avez pas besoin. Pourquoi ? Pour une raison d’efficacité : la bourse nécessite du temps et de ne pas vendre à la moindre perte. Par ailleurs, votre argent peut être bloqué. Il faut notamment garder à l’esprit que les fonds investis dans un PEA sont bloqués pendant 8 ans sous peine de clôturer le PEA et de subir une fiscalité plus lourde.

Il est également vivement conseillé de fuir l’effet de levier, en particulier pour les investisseurs les moins aguerris. A priori intéressant, car si les gains sont amplifiés, les pertes le sont aussi !
Le levier est un instrument très risqué et à manipuler avec beaucoup de précautions. Il est à proscrire dans une optique de limitation de risque.

Diversifier ses investissements est également un bon moyen de limiter ses risques. C’est la transcription de la recette de « grand-mère » qui insistait pour ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Si vous achetez un peu de télécom, un peu de pharmaceutique, un peu d’industrie, un peu de technologie…, les probabilités pour que ces 4 secteurs soient en même temps perdants est beaucoup plus faible.

L’idéal est aussi de diversifier les zones géographiques. Dans tous les cas, les Sicav, FCP et autres trackers… sont de bons instruments de diversification.

 

Se fixer une stratégie d’investissement

Si investir en limitant ses risques est louable, l’objectif premier doit être de dégager de la performance.

Pour ce faire, il est essentiel de mettre en place une stratégie d’investissement. Les professionnels ont eux-mêmes des styles de gestion pour leurs investissements qui sont parfois très différents les uns des autres, ou encore qui combinent plusieurs méthodes différentes.

Au-delà de la gestion passive, qui consiste, par « benchmarking », à essayer de dupliquer la performance d’un indice de référence comme le Cac 40 ou l’Euro Stoxx…, plusieurs écoles de gestion « active » s’affrontent, avec aux premiers rangs la gestion « value » et la gestion « growth ». Nombre de professionnels estiment que la gestion active est plus adaptée aux périodes de forte volatilité et de retournement de tendance que la gestion passive qui a notamment souffert lors des crises de 2008 et 2010.

Avec la gestion « growth » aussi appelée « croissance », les investisseurs s’intéressent plus aux dividendes des actions, et donc au bénéfice par action, qu’au potentiel de croissance de leurs cours. L’investisseur cherche à repérer les sociétés qui ont un fort potentiel de croissance de leur activité par création de valeur ajoutée : les rapports annuels… des entreprises sont étudiés au regard des perspectives de croissance des chiffres d’affaires et du cashflow. Les investisseurs cherchent les entreprises dont les Price Earning Ratios se situent au-dessus des PER des valeurs concurrentes. Ce type de gestion est particulièrement adapté aux périodes de croissance prolongée des places boursières.

Dans les périodes de baisse des marchés boursiers, l’approche « value » est particulièrement valable. Le style « value » favorise l’acquisition de titres sous-évalués. Lorsque les titres ont retrouvé leur valeur intrinsèque, les investisseurs s’en séparent. C’est la technique préférée de Warren Buffet. Cette technique permet a priori d’investir en bourse sans trop de risques car vous achetez au prix bas.
Mais encore faut-il cerner les valeurs ayant un potentiel suffisant pour rebondir. De fait, ce n’est pas parce que le cours d’une entreprise est bas qu’il est sous
valorisé. Il faut donc avoir une bonne analyse du marché et des valeurs.

 

 

> FOCUS

Faut-il investir sur des critères macroéconomiques ou techniques ?

– L’analyse macroéconomique est un critère nécessaire mais pas suffisant pour investir. Il n’est par contre pas systématiquement nécessaire de se plonger dans les comptes des entreprises et autres ratios financiers. Le très prisé PER a depuis longtemps montré ses limites. Dépendant des données et de l’interprétation des données comptables, il peut ainsi fortement varier selon les politiques d’amortissement de chaque entreprise. Il est pertinent de compléter son analyse macroéconomique par l’analyse technique des valeurs et indices boursiers, d’autant que les marchés sont de plus en plus automatisés.

– En ce qui concerne l’analyse technique, il est acquis que les cours de bourse intègrent les anticipations du marché, qu’il s’agisse des perspectives de résultats des entreprises, de l’évolution de leur environnement… L’analyse technique constitue donc un réel outil d’aide à la décision pour investir en bourse. Pour optimiser ses investissements, il est toutefois essentiel de respecter des règles de base comme « toujours aller dans le sens du marché ». Investir à contre-tendance est périlleux. Pour acheter une valeur fluctuant dans un range, il convient en particulier d’attendre qu’elle casse ses résistances. Inversement pour vendre, il faut s’assurer que les supports du canal de fluctuations sont bien franchis. En conjuguant analyses macroéconomique et technique, il est tout à fait possible de dégager de bonnes performances !

 

 

> POINT DE VUE

Marchés émergents :
UBP croit aux obligations d’entreprise « investment grade »

Koon Chow, stratégiste macro et taux, et Denis Girault, responsable de l’équipe obligations marchés émergents de l’UBP, dévoilent leurs perspectives sur le marché de la dette corporate émergente avec les zones d’investissement et les segments obligataires à privilégier dans les mois à venir.

La chute des prix pétroliers et l’inflation relativement basse à l’échelle mondiale – à laquelle participe la situation de surcapacité manufacturière en Chine – change la donne des marchés émergents, qui doivent relever le défi de nouveaux modèles de croissance. « En toute logique, le recul du prix du baril a un impact disparate sur ces économies : les principaux pays producteurs d’or noir, comme le Venezuela, la Russie, le Nigéria ou l’Irak sont pénalisés, puisqu’une baisse du cours du baril de 10 dollars détériore leur balance courante d’environ 2 à 4 %.

A contrario, il existe un effet positif sur la balance courante des pays consommateurs, comme le Chili, la Chine, l’Inde ou les pays du Sud-Est asiatique » observe Koon Chow.

Ces conditions justifient une approche plus sélective qu’auparavant des marchés émergents.

Pour l’équipe de l’UBP, les perspectives sont très favorables dans les pays qui parviennent à mettre en œuvre de profondes réformes structurelles.

« Nous sommes très positifs sur l’Inde et l’Indonésie, où les perspectives de croissance sont robustes en raison des réformes fiscales et de la nouvelle législation sur l’investissement instaurées dans ces pays ».

Malgré l’impact négatif des prix pétroliers, la Colombie bénéficie, elle aussi, des réformes économiques. « Les projets d’investissement public dans le développement des infrastructures sont de nature à soutenir durablement la croissance en Colombie » explique Koon Chow.

En termes de profil d’émetteur, Denis Girault estime que le segment corporate «investment grade», libellé en devise forte, est aujourd’hui le plus attrayant au sein de l’univers obligataire émergent. L’appréciation continue du dollar américain, encouragée par le cycle de normalisation monétaire de la Fed, milite en faveur des dettes en devises fortes, plutôt que celles émises en devises locales. « Les obligations d’entreprise sont à privilégier aux dettes souveraines, car leurs perspectives de rendement ajusté au risque sont meilleures : la qualité de crédit moyenne est plus élevée (BBB contre BBB-), la diversification des émetteurs plus grande et le risque de taux bien moindre. Les investisseurs institutionnels, qui traditionnellement ont plutôt tendance à aborder les marchés obligataires par le prisme souverain, plébiscitent de plus en plus le crédit corporate pour ces vertus ».

L’équipe de l’UBP privilégie les émetteurs « investment grade » par rapport à leurs homologues « high yield ». À long terme, les flux d’investissement institutionnels vont continuer à soutenir l’expansion du segment « investment grade », moins volatil que le segment « high yield ». « En comparaison avec les marchés développés, les spreads de crédit sont plus attractifs sur « l’investment grade », offrant un potentiel de valorisation supérieur. Les conditions d’emprunt moins avantageuses dans certains pays émergents (avec la hausse des taux d’intérêt conjuguée à l’affaiblissement des devises locales) vont pénaliser les émetteurs de moindre qualité, conduisant à une plus grande prudence sur le segment du « high yield », qui reste cependant une solution de diversification intéressante pour l’investisseur Euro » conclut Denis Girault.

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